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" L'école fut pEchée "
Language et neurophysiologie
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01.31 - Prof. Angela Friederici, Institut Max-Planck, Leipzig
"Quand nous parlons, nous ne le faisons pas mot par mot... Lorsque vous m'écoutez, je ne fais pas de pause entre les mots... J'essaie de parler de manière aussi fluide que possible. Le cerveau doit donc essayer de découper ce flot continu de paroles en mots isolés. Lorsqu'il y est parvenu, il essaie d'attribuer un sens à chacun des mots. Mais ce n'est pas encore suffisant pour comprendre le langage. Certes, nous parlons en phrases. Mais nous établissons également des correspondances entres les choses, entre les personnes et les choses, ou encore entre les personnes. Toutes ces structures sont en quelque sorte rendues par une structure syntaxique. En d'autres mots, on détermine "qui fait quoi à qui".
2.29 - Commentaire
Comme Madame Friederici à Leipzig, ces chercheurs hollandais étudient les mystères du langage. Dans le laboratoire des bébés, ils analysent les premiers pas du "qui fait quoi à qui", de la compréhension. À quel âge le bébé apprend-il à repérer les mots isolés dans la continuité d'un énoncé ? Tout jeunes, les nourrissons sont des génies linguistiques universels. Ils reconnaissent même des syllabes inexistantes dans leur langue maternelle. Et à six mois, tous les bébés du monde babillent de la même façon.
3.14
Prof. Ann Cutler
Institut Max-Planck, Nimègue
"Écouter semble la chose la plus facile, la plus naturelle du monde. Apparemment, nous percevons une succession de mots sans la moindre difficulté, un mot suivant l'autre. Mais en fait, il s'agit d'un problème très complexe.
3.31 Je vais vous montrer la représentation visuelle d'un énoncé. Voici la phrase allemande "Lexikalische Segmentation ist manchmal furchtbar schwierig" (la segmentation lexicale est parfois très difficile).
3.41
Dans cet énoncé, les limites des mots ne coïncident pas avec les pauses dans le signal.
3.53
Lorsque vous voyez une interruption, comme ici, elle correspond à un son précis, à une consonne occlusive caractérisée par un silence.
4.03 Ici, par exemple, vous avez le "k" du mot "lexikalische".
4.08 Et voici le "g" de "Segmentation". Au niveau du "g", le signal est totalement interrompu. En fait, les mots sont imbriqués les uns dans les autres.
4.20 - Commentaire
Pour les ordinateurs, c'est peut-être un problème. Mais pas pour des bébés âgés de trente semaines. Dans un premier temps, Erik écoute un mot jusqu'à ce qu'il en soit lassé. Le haut-parleur se trouve derrière la lampe. La lumière verte donne le signal pour l'étape suivante. Dans la deuxième partie de l'expérience, Erik écoute deux histoires. L'une contient les mots servant de stimuli ; l'autre, non. Riet Coolen mesure le temps d'attention du bébé. Elle n'entend pas ce qu'il entend. Pas plus que la mère, qui porte un casque pour ne pas influencer les réactions de son enfant. Erik reconnaît les mots karper et bokser, même au milieu d'une phrase, bien que pour lui les mots n'aient encore aucune signification. Il regarde plus longtemps dans la direction d'où viennent les mots qu'on lui a fait écouter. Les scientifiques pensent que les bébés utilisent les syllabes accentuées comme amorce pour segmenter la continuité du discours. Ils reconnaissent les mots de leur langue maternelle entre sept mois et demi et neuf mois.
5.55 - Commentaire
Le petit Louis attribue déjà une signification aux syllabes. À un an, tous les enfants normalement constitués en sont capables. Nul besoin d'un professeur pour qu'à trois ans ils maîtrisent la grammaire de leur langue maternelle avec autant d'aisance que leurs bras ou leur jambes. Le cerveau semble disposer d'une grammaire naturelle innée, valable pour toutes les langues. Celle-ci permet à l'enfant d'identifier les règles applicables au langage qu'il entend, c'est-à-dire de savoir comment, dans sa langue maternelle, on exprime "qui fait quoi à qui".
6.26 - Angela Friederici
"Ils ne naissent pas avec l'allemand, l'anglais ou le turc. Mais avec la faculté d'apprendre à parler. Dans les premières années, il doivent trouver les conditions de fonctionnement de leur propre language. Pour cela, on pense qu'ils établissent des hypothèses et les testent. À partir de certaines données, j'essaie de dégager une règle. Ensuite, je dois évidemment vérifier si la règle est juste ou fausse. Et c'est ainsi que les enfants procèdent : ils vérifient l'exactitude des règles. Quand ils sont à peu près sûrs qu'elles sont exactes - du moins on le suppose -, ils les adoptent. Et une fois qu'elles sont adoptées leur automatisation a un sens."
7.22 - Commentaire
Angela Friederici veut savoir à quel âge commence l'automatisation. Pour cela, elle se rend à l'école.
7.35 - Commentaire
Dans le cadre d'une expérience, Anja Hahne propose à des élèves du C.P. des phrases contenant des fautes de grammaire et de sens. Les enfants doivent juger si la phrase est correcte. Contrairement aux adultes, les enfants s'appuient davantage sur le sens des phrases et ne reconnaissent pas automatiquement les fautes de grammaire.
9.25 - Commentaire.
Eh oui ! Les enfants doivent en quelque sorte partager la capacité de stockage de leur processeur linguistique entre le contenu et la structure. Les adultes peuvent se concentrer sur le contenu, car le cerveau leur livre automatiquement la grammaire. Dans quelle région cérébrale cette dernière est-elle localisée ?
9.43 - Commentaire
Martin est allongé dans un tomographe à positrons. Grâce aux progrès de la médecine, on peut aujourd'hui observer directement - et sur des sujets sains - le mode de fonctionnement du langage au niveau cérébral. On injecte à Martin une substance radioactive mettant en évidence les zones actives du cerveau. Puis on lui fait lire des phrases composées de mots fantaisistes, dépourvus de sens. Dans cette expérience, les chercheurs s'intéressent uniquement à la façon dont le cerveau traite la grammaire.
10.28 - Commentaire
Maintenant, Martin doit corriger la grammaire en même temps qu'il lit la phrase.
10.33 Il doit donc lire "gogit le ronveur" au lieu de "gogissent le ronveur".
10.41 - Martin
"Le trabeur qui plite les muchers gogit le ronveur."
10.47 - Commentaire
Plus tard, on pourra constater quelle zone du cerveau a été activée au moment de la correction de la faute de grammaire. Nous obtenons ainsi une image beaucoup plus détaillée du traitement du langage dans le cerveau.
10.56 - Peter Indefrey, Institut Max-Planck, Nimègue
"Il semblerait que l'essentiel de l'activité liée au traitement grammatical se fasse dans la partie supérieure dune aire dite de Broca, en association avec des zones attenantes dont on ignorait jusqu'ici qu'elles étaient impliquées dans la fonction linguistique. On savait déjà que l'aire de Broca était décisive pour le langage. Depuis plus d'un siècle, on sait que des lésions de cette zone, notamment quand elles s'étendent aux zones voisines, entraînent des troubles du langage."
11.26 - Indefrey (suite)
"Voici l'aire de Broca, que je visualise en permanence. À droite et à gauche, vous avez les zones du cortex auditif, qui permettent aux gens d'entendre leur propre voix. Mais à gauche, on voit une autre zone à l'avant. Une étude antérieure nous a montré qu'elle était probablement le siège d'anticipations motrices nécessaires pour prononcer des mots nouveaux."
11.56 - Indefrey (suite)
"Voici, vue d'en haut, la région responsable du traitement grammatical. En jaune, nous avons de nouveau l'aire de Broca. On peut constater que l'activité déborde légèrement vers l'avant et vers l'arrière. Une vue latérale permettra peut-être de mieux la situer. 12.17 Voilà. Ici, nous avons donc notre aire de Broca. On distingue une zone d'activité dans la partie supérieure, mais également à l'avant. 12.25 Plus une légère activité en haut."
12.29 - Martin
"Le tril qui jugne les carins le chime brolissent."
12.36 - Commentaire
Lorsque Martin se contente de lire la phrase sans corriger les fautes, la zone responsable de la grammaire dans l'aire de Broca n'est pas activée. Aucune couleur n'apparaît. Voir à l'intérieur de la tête et comprendre le fonctionnement du cerveau est un vieux rêve de l'homme.
13.08 - Commentaire
L'existence de deux centres du langage est connue depuis le siècle dernier. L'un des deux est l'aire de Broca.
s.t.
14.18 - Commentaire
Monsieur Zoicke [prononcer tsoïkeu] parle en style télégraphique. Un accident vasculaire cérébral a provoqué chez lui une lésion de laire de Broca. Il a donc des difficultés avec la grammaire, mais trouver les mots justes n'est pas un problème pour lui.
s.t.
14.28 - Commentaire
Établir les relations du "qui fait quoi à qui" à l'intérieur d'une phrase est devenu compliqué.
15.25 - A. Friederici
"Aujourd'hui, on croît plutôt que les connaissances grammaticales ne sont pas perdues, mais que le patient éprouve des difficultés à y accéder de manière rapide et fiable. Ca signifie que lorsque nous produisons des phrases, nous devons normalement être en mesure de retrouver rapidement les structures grammaticales pour pouvoir construire des phrases correctes. C'est justement cette faculté que le patient a perdue."
15.54 - Commentaire
L'électroencéphalographie a démontré que des malades comme M. Zoicke accèdent effectivement plus lentement à leurs connaissances grammaticales, alors qu'il activent très rapidement leur savoir sémantique. La synchronisation linguistique est perturbée, provoquant des troubles importants de la parole et de la compréhension. Les études de Madame Friederici montrent que notre cerveau est doté d'une sorte d'automatisme pour analyser la structure syntaxique.
16.24 - Commentaire
La représentation graphique des ondes cérébrales montre la différence avec un cerveau sain. La zone rouge en haut à gauche représente l'aire de Broca. Deux cents millisecondes après la perception d'un mot, elle a normalement identifié la fonction grammaticale du mot. Mais chez un patient dont laire est lésée - en bas - le signal rouge n'apparaît pas en temps voulu. L'automatisme est défaillant.
s.t.
17.11 - Commentaire
Madame Quade souffre d'une lésion du champ de Wernicke [prononcer vérnikeu], connue depuis longtemps comme deuxième centre du langage. Cette zone soccupe de la grammaire que de la sémantique, du sens. Le discours de la patiente est fluide, mais relativement confus. Elle cherche ses mots et tente quelquefois de s'aider de l'anglais. Car elle était autrefois secrétaire bilingue.
s.t.
18.34 - Commentaire
L'encéphalogramme montre qu'au bout de 400 millisecondes, le sujet sain se met normalement à la recherche du sens des mots dans son lexique mental. Chez Madame Quade, cette activité des cellules nerveuses reste absente même beaucoup plus tard. De manière très schématique, on peut affirmer que la grammaire et le sens sont localisés différemment dans notre cerveau et s'activent l'un après l'autre.
18.59 - A. Friederici
"La possibilité de mesurer en millièmes de seconde est extrêmement importante, parce que le traitement du langage s'effectue en millisecondes. Pendant que vous m'écoutez, vous gérez les informations qui vous parviennent milliseconde par milliseconde. En psycholinguistique, la question a longtemps été de savoir si les processus d'analyse sémantique et syntaxique se déroulaient de manière parallèle, en interaction constante.
Nos études montrent très clairement, je pense, la justesse de la théorie selon laquelle le cerveau traite d'abord la syntaxe et ensuite seulement les informations sémantiques. Nous constatons qu'en présence de fautes de syntaxe dans une phrase, il existe une fonction cérébrale déterminée qui nous dit : Attention, le cerveau a détecté une erreur. Et ceci est visible 200 millisecondes après la perception du mot. Tandis que les erreurs sémantiques ne sont détectées qu'au bout de 400 millisecondes. De l'extérieur, le traitement de ces informations se fait de manière quasi simultanée. Il existe néanmoins un léger décalage. Et c'est peut-être justement ce décalage qui rend notre système si efficace."
s.t.
20.26 - Garçon20.37 - Commentaire
Notre cerveau reconnaît en priorité des mots comme "sur" ; au bout de 200 millisecondes déjà. Est-ce aussi le cas pour Lukas, âgé de huit ans ?
20,51
À quel âge les systèmes de commutation servant à l'analyse grammaticale deviennent-ils automatiques ?
s.t.
21.34 - Commentaire
L'électroencéphalogramme enregistre milliseconde par milliseconde l'activité liée au traitement du langage. Cette expérience va mesurer la rapidité avec laquelle le cerveau de Lukas reconnaît les erreurs de grammaire et de syntaxe. Lukas appuie sur les boutons "vrai" ou "faux".
21.52 - Commentaire
Les réactions de son cerveau sont enregistrées directement, sans décalage de temps, par l'encéphalogramme.
22.00 - Commentaire
Les enfants repèrent encore moins rapidement que les adultes la présence de fautes de grammaire.
22.11 - Commentaire
Pour une analyse grammaticale automatique et rapide, le cerveau doit avoir atteint une certaine maturité.
22.18 - Commentaire
Chez une partie des enfants âgés de huit ans, le diagramme cérébral est déjà presque semblable à celui des adultes. Dans ces cas-là, l'unité de traitement linguistique est complète, et le sujet peut se concentrer sur ce qu'il désire exprimer.
22.41 - Commentaire
L'Europe : une véritable tour de Babel. Lorsque la communication cesse d'être évidente, nous prenons conscience de la complexité du langage.
22.51 - Commentaire
Nous devons la maîtrise parfaite de notre langue maternelle à ce processeur interne programmé à la perfection au cours de notre enfance. Par contre, il est beaucoup moins adapté à une langue étrangère apprise à l'âge adulte.
23.12 - Ann Cutler
"En fait, nos stratégies de perception sont tellement bien adaptées à la phonétique de notre langue maternelle qu'ils ne conviennent absolument pas à celle d'autres idiomes. De ce point de vue, nous avons été desservis par l'évolution. Nous sommes devenus des êtres capables des prouesses les plus spectaculaires pour la perception de notre langue maternelle. Ainsi, nous sommes capables de comprendre des locuteurs que nous ne connaissons pas ; nous rencontrons une nouvelle personne, et la comprenons très facilement dans notre langue maternelle. Quelqu'un qui parle la bouche pleine, ou en fumant la pipe : ce n'est pas un problème pour nous. Un bruit de fonds ou même le vrombissement d'un hélicoptère : aucun problème !
24.25 - Prof. Wolfgang Klein, Institut Max-Planck, Nimègue
"En tant qu'adulte, on a souvent le sentiment que l'on n'est plus capable d'apprendre parfaitement une langue étrangère. En gros, c'est vrai. Mais ce n'est pas vrai à 100 %. Il existe suffisamment d'exemples où des personnes âgées de 20 ou 30 ans ont appris tellement bien une autre langue qu'un interlocuteur ne remarque pas quil ne sagit pas de leur propre langue. C'est prouvé. Il n'existe donc pas de barrière... disons biologique. Toutefois, il faut reconnaître qu'à la puberté, vers 13 ou 14 ans, on a une espèce de seuil après lequel l'apprentissage devient nettement plus difficile. Comment peut-on lexpliquer ? Peut-être des modifications surviennent-elles dans le cerveau humain. Mais il n'existe absolument aucune preuve tangible que des changements liés au langage surviennent à cet âge. À mon avis, il existe toute une série de facteurs qui expliquent pourquoi l'acquisition d'une autre langue devient plus difficile. Pas impossible, mais plus difficile. C'est lié par exemple à la motivation. Etant enfant, on est contraint de parler comme son entourage ; sinon on est rapidement marginalisé.
25.38 - Commentaire
Communiquer représente un besoin élémentaire. Parler est instinctif. Mais aujourd'hui encore, personne ne sait exactement quand intervient la phase décisive pour le développement naturel du langage. Certains scientifiques estiment que la limite se situe à sept ans. On sait seulement avec certitude qu'un input linguistique, quel qu'il soit, est nécessaire dans les premières années de la vie pour que la langue maternelle puisse se développer et que les connexions s'opèrent dans le cerveau. Il peut aussi s'agir d'un langage gestuel. Les enfants sont même capables de développer une nouvelle langue complexe à partir d'un charabia agrammatical.
26.21 - Commentaire
Les exemples inverses existent malheureusement aussi. Celui de Kaspar Hauser est l'un des plus connus. Un enfant n'ayant entendu aucune forme de langage dans sa tendre enfance restera à jamais incapable de parler couramment, quels que soient ses efforts.
26.41 - Commentaire
Est-ce le langage qui détermine la pensée ou l'inverse ? Pensons-nous en phrases ? Pensons-nous dans notre langue ou dans un métalangage universel ? Les linguistes accordant une part importante à la biologie affirment que le langage est une faculté humaine programmée génétiquement, comme la marche debout. Et que le programme est le même chez tous les humains, garantissant à la fois la pérennité du langage et les diversités individuelles. Mais pourquoi est-il si difficile de retrouver des points communs dans le tumulte de notre tour de Babylone ?
27.13 - Wolfgang Klein
"Parce qu'en fin de compte, tout se passe dans la tête. Il faut bien comprendre que ce que l'on entend ou voit sur le papier, ce n'est pas le langage. Le langage, c'est quelque chose que nous avons acquis au cours de longues années, qui est en partie inné, et que nous avons emmagasiné dans notre tête. Les paroles que nous percevons, les sons, ou les lettres couchées sur le papier ne sont pas une image fidèle de la langue. Ce sont uniquement des sortes de déclencheurs qui nous permettent de comprendre le message. Prenez quelqu'un avec une écriture peu lisible, très approximative. Si vous savez de quoi il parle, vous arriverez à le lire sans problème, même si certaines lettres sont indéchiffrables, car vous aurez une idée de ce qu'il veut dire. Et ce que vous voyez, les traits qu'il a tracés, ou bien les marmonnements que vous entendez, ne sont que des sortes de signaux de déclenchement. Ces signaux peuvent être fortement déformés ou même manquants : un minimum d'information suffit déjà à activer le langage dans notre cerveau. Si nous savions exactement ce qu'est le langage, et comment il fonctionne en détail, nous pourrions peut-être l'implanter dans un ordinateur, tout comme la nature nous l'a implanté. Mais pour le moment, nous n'avons qu'une idée très vague du fonctionnement du langage. Et tant qu'il en sera ainsi, je ne pense pas que nous puissions enseigner son fonctionnement à un ordinateur. Nous ne pouvons pas lui enseigner comment comprendre le langage et encore moins comment l'exprimer.
Adaptation: 3i Traductions
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