Archives



SCHIZOPHRENIE : LA BIOCHIMIE DE LA FOLIE

MUSIQUE + TITRE

2’23

Un asile d’aliénés en Allemagne à la fin des années 20.

2’34

Un gardiennage stupide, sans lea moindre traitement.thérapie.

2’41

Traitement de choc à l’insuline. Ce traitement tte thérapie qui provoquaint un coma pouvant entraîner la mort marqua, en 1943, les débuts desde la traitements thérapeutique ditste " modernes " en psychiatrie. Ce furent les Il s’agit des premières expériences pour tenter d’agirinfluer sur la biochimie du cerveau, sur son activité métabolique. 2’56

3’01

Une séance d’électrochocs. Des médecins italiens mirent au point la convulsivothérapie supposant que parce qu’ils pensaient que l’épilepsie et la schizophrénie étaient incompatibles. Selon eux, les convulsions provoquées artificiellement par un courant alternatif devaient empêcher l’apparition due délires. Dans les années trente, les électrochocs étaient encore pratiqués sans anesthésieadministration de narcotiques. 3’20

3’24

Au cours duPendant le Troisième Reich, les psychiatres envoyèrentenvoyèrentaient à la chambre à gaz toute vie humaine considérée par eux comme étant " dépourvues de valeur ". Plus de 150 000 patients en traitement psychiatriques furent ainsi assassinés. 3’31

3’33

Par C’est par pur hasard, que des médecins anesthésistes découvrirent que certains médicaments atténuaient les symptômes délirants. En 1958, un laboratoire belge commença à fabriquer l' lel’ halopéridol : les neuroleptiques étaient nés et, leur découverte allait révolutionner la psychiatrie. Aujourd’hui, le nombre des patients hospitalisés est six fois moins élevé important. Et dans les services de psychiatrie, les médicaments constituent l’essentiel du traitement. thérapeutique. Mais à l’origine, on ignorait la raison de leur efficacité pourquoi ils étaient efficaces.

3’59

4’00 Les maladies mentales sont fréquentes. Environ un tiers de la population y est confrontée au moins une fois dans son existence. WolfgangWolgang Maier est de ceux-là. 4’10

4’20

Nous nous trouvons dans le service de à la clinique psychiatrique de l'hôpital universitaire de Munich, dans le bâtiment C3, un service fermé, ou " protégé ", qui accueille des patients de sexe masculin. Nous assistons à la visite du chef de servicechef de clinique, le professeur Möller. Le service de vingt-deux lits est complet. L’hospitalisation dure est de trois à quatre semaines en moyenne,; exceptionnellement, elle peut atteindre aller jusqu’à un an. 4’42

4’44

Surveillance par écran vidéo dans deux chambres, celles de malades à tendance suicidaire. Les tentatives de suicide, les idées délirantes ou les hallucinations sont souvent à l’origine de l’admission dans un service de psychiatrique. Environ la moitié de ces patients souffrent de troubles schizophréniques. En Allemagne, environ 800 000 personnes par an sont victimes de cette maladie. 5’01

5’02

Nous allons rencontrer Wolfgang Maier, hospitalisé pour la troisième fois en peu de temps.

s.t.

7’10

Les idées obsessionnelles délirantes et leurs conséquences font partie de ce qu’on appelle dans le jargon médical la " symptomatologie productive ". Les " symptômes négatifs " comme le repli sur soi, l’asthénie, l’indifférence affective qui peut allerpeut pouvant aller jusqu’à l’apathie, sont beaucoup moins spectaculaires. Il s’écoule souvent un temps assez long avant de pouvoir les qu’on ne les identifier comme des manifestations pathologiques. 7’26

ST

9’03

Wolfgang a trente ans. Souvent, les psychoses se déclarent plus tôt, entre vingt et vingt-cinq ans. Elles sont aussi fréquentes chez les hommes que chez les femmes. Pourquoi environ un pour cent de la population souffre-t-eille de ce type d’affection ? De l’avis des psychiatres, la maladie apparaît sous l’effet conjugué de facteurs héréditaires et d’un environnement défavorable. 9’24

9’58 Möller

Les opérations intellectuelles normales mobilisent un grand nombre de fonctions cérébrales. Il faut savoir, au préalable, que parmi la masse considérable d’informations ou de stimulations qui nous atteignent quotidiennement, nous éliminons d’emblée celles les moins importantes dont l’importance est moindre et nous n'intégrons queseulement celles qui présentaent un certain intérêt. Le filtrage est opéré dans une zone spécifique du cerveaurégion cérébrale spécifique,, le thalamus. On émet l’hypothèse que chez les schizophrènes, sous l’effet d’un dysfonctionnement du thalamus qui ne joue plus son rôle de filtre, le cerveau est submergé par un flot de stimulations sans intérêt et n’est plus en mesure de structurer les informations reçues. Apparaissent alors des raisonnements erronés, pouvant qui peuvent aboutir par exemple au fait de se croire l’objet d ’une menace quelconque . " 11’10

11’15 Monika ST

11’33 Monika a quarante trois ans, et elle est malade depuis sept ans et . elle exprime ses émotions par des collages. Les symptômes de la schizophrénie peuvent s'associer à ceux d'se combiner à une dépression ou d'à une manie :, c’est ce que les médecins appellent la schizophrénie affective. La schizophrénie est une maladie aux manifestations multiples. 11’51

12’08

Quelles sont les causes biologiques possibles ? Nous nous trouvons dans le laboratoire de recherches sur le cerveau de l’université de Düsseldorf ; ce bloc de paraffine fait partie d’une collection historique conservée ici: des coupes de cerveau sur lesquelles, autrefois, les psychiatres ont cherché vainement à déceler la folie. 12’22

12’24

Aujourd’hui, on procède à nouveau à des coupes sur des patients décédés, ; environ sept mille fines lamelles par cerveau. Et de nos jours, on fait des découvertes. Sur les lamelles parcheminées, on trouve découvre les traces de dysfonctionnements du développement cérébral, des modifications qui pourraient expliquer les symptômes de la schizophrénie.

Mais s’agit-il de la cause de la maladie ou bien de ses conséquences ? 12’45

12’47 Bogerts

" Sur ces échantillons de cerveaux prélevés sur des patients décédés, on distingue différentes aires. Dans la partie inférieure se situent les aires essentielles à l’élaboration de l’affectivité à l’intérieur du cerveau, celles où s’opère la liaison entre intellect et affectivité. Chez les schizophrènes, ce sont précisément ces fonctions qui sont perturbées. On observe chez eux certaines particularités dans cette région profonde du lobe temporal, où sont localisées les circonvolutions limbiques centrales qui régulent les fonctions émotionnelles. C’est le premier élémentfoyer de pathologie cérébrale dans la schizophrénie.

On constate également des modifications du système ventriculaire cérébral. Les ventricules sont les cavités de l’encéphale. Chez beaucoup de sujets schizophrènes, ces ventricules sont dilatés, ce qui indique une perte de substance des neurones dans le tissus cellulaire qui entoure cette zone.

Le troisième type de modification fréquemment constaté concerne les circonvolutions cérébrales cortex. Chez un sujet schizophrène, lesles circonvolutions sont moins nombreusesplus petites, les sillons qui les séparent sont un peu plus larges, révélant une atrophie, ou du moins, à un déficit ende substance cérébrale. "  13’51

13’52

Trente pour cent seulement des patients présentent ce type de de telles modifications qui pourraient aussi avoir pour origine une infection virale lors de la période de gestation du foetus. 14’

14’04 Bogerts

"  Voici un autre indice d’un dysfonctionnement précoce du développement cérébral. Il s’agit de schémas obtenus à partir de coupes densitométriques réalisées par scanner X. Ici, tout est normal. Le lobe frontal droit, représenté à l’avant sur le schéma, est plus grand que le lobe frontal gauche. Dans l’aire occipitale, les rapports sont inversés. En général, le lobe occipital gauche est un peu plus grand que le droit. Chez beaucoup de patients schizophrènes, on observe que ce rapport d’asymétrie a disparu. Contrairement à ce que l’on observe chez des sujets normaux, où la partie droite est plus grande que la partie gauche dans la région frontale, et la partie gauche plus grande que la partie droite dans la région occipitale, les lobes ne sont pas asymétriques. Cette asymétrie structurelle chez les sujets normaux se développe pendant la grossesse de la mère au cours du second ou du dernier trimestre tiers de la grossesse. L’absence de structure asymétrique constitueest un indice tout à fait sûr d’un d'un dysfonctionnement trouble dudans le développement cérébraldu cerveau a été perturbé. " 14’59

15’01

Les techniques d’imagerie médicale les plus modernes permettent actuellement d’observer le cerveau vivant et de visualiser la biochimie de la folie. 15’05

15’15

Nous nous trouvons à l’institut Karolinska de Stockholm. On prépare Göran Didriksson à une exploration pratiquée à l’aide du tomographe à émission de positronspositrons, en abrégé TEP. , uUne caméra ronde qui permet d’enregistrer les rayonnements émis par des radio-isotopes à demi-vie très brèveradioactifs. Cette technique ultramoderne va permettre de tester l’hypothèse biochimique, l’une des plus anciennes, pour expliquer la schizophrénie. Göran Didrikson, leest un sujet d’expérience, est un volontaire sain. 15’38

15’42

Les médecins de l’institut de Stockholm ont besoin d’établir une comparaison pour distinguer le normal du pathologique. Ils supposent queformulent l’hypothèse selon laquelle la substance responsable des raisonnements erronés dans la schizophrénie serait est un neurotransmetteur, la dopamine. Pour comprendre leur démarchece que les médecins veulent visualiser, il faut savoir qu’un cerveau d’adulte contient environ un billion de cellules nerveuses qui se transmettent en permanence des messages les unes aux autres. Leurs " conversations téléphoniques " sont transmises véhiculées par des molécules chimiques, les neurotransmetteurs. La caméra à positrons (TEP) permet de " photographier " pour ainsi dire les points de connexion de la transmission. En guise de pellicule qui fixe l’image, on utilise une substance radioactive proche de la cocaïne qui va se déplacer dans le cerveau. 16’20

16’24

On procède alors à une série de clichés. La caméra à positrons enregistre en accéléré les effets de la substance sur le cerveau. Pendant l’exploration, on prélève constamment des échantillons de sang sur le sujet. Pour Monsieur Didrikson devra donc, cela signifie qu’il lui faudra rester environ deux heures au repos absolu.

Voici les premiers résultats provisoires : le cerveau divisé en cinquante lamelles de trois millimètres chacune. Pendant cette expérience, la substance proche de la cocaïne a pour ainsi dire " squattérisé " les antennes des cellules, les récepteurs sensibles à la dopamine. On peut comptabiliserobserver ainsi le nombrecombien il y a de récepteurs et observer leur répartition comment ils sont répartis dans le cerveau. 16’59

17’00

Ceux colorés en jaune sont particulièrement nombreux.

17’05

Mais pourquoi s’intéresser particulièrement à la dopamine ? Cette substance est le médiateur qui transmet les informations d’une cellule nerveuse à une autre. Selon des hypothèses anciennes, lal’excès de dopamine serait est à l’origine de la schizophrénie. Cette hypothèse semble confirmée par le fait que les médicaments efficaces comme l'le halopéridol bloquent les récepteurs de la de dopamine et atténuent les symptômes de la maladie.

17’29 Sedvall

" Toutes les substances antipsychotiques que nous utilisons aujourd'hui sont, en fait, liées au récepteur D2, à la dopamine qu'elles bloquent dans le cerveau. Ici, dans la rangée du bas, nous avons étudié comment se liait ce produit que nous avons donné à des patients qui n'avaient jamais encore été traités par des médicaments. Comment donc se fait la liaison avec ce médicament quand l'on traite des patients avec une substance antipsychotique, quelle qu'elle soit ? Et ici nous avons un sujet sain qui sert de témoin et qui présente un profil normal de fixation. Mais celui-ci est un patient traité par un médicament appelé l'halopéridol. Et c'est, je crois, le médicament antipsychotique le plus souvent utilisé aujourd'hui dans le monde. et là, vous voyez qu'il y a une énorme réduction du signal.

Nos études effectuées à ce jour sur un grand nombre de patients, avec différents types de médicaments antipsychotiques, montrent que, plus le signal est émoussé, plus les patients présentent des effets secondaires. Mais il existe un seuil critique de réduction du signal et ce seuil doit être atteint pour que l'action antipsychotique apparaisse. Mais dès que vous dépassez ce seuil, vous avez des effets secondaires. Maintenant nous pouvons utiliser l'imagerie en TEP, la tomographie par émission de positron, pour juger, dès le départ, si la dose que nous avons utilisée est trop faible ou trop forte et ceci avant l'apparition des effets secondaires.

19’04

19’05

Nous sommes de retour à Munich dans le service du bâtiment C3. Les patients se préparent à effectuer leur sortie hebdomadaire dont ils déterminent eux- mêmes la destination. Le traitement thérapeutique comporte un programme obligatoire de réadaptation progressive à la vie normale. Les médicaments aident à faire face au quotidien, ils limitent à quinze pour cent le risque de rechute pendant la première année.

LaUne majorité des patients traités par les médicaments conserve son aptitude au travail et reste socialement intégrée. Mais si l’utilité des médicaments est médicalement prouvée, les patients qui les reçoiventrecoiventceux à qui ils sont administrés en contestent les effets secondaires, qui apparaissent même lorsque la posologie est adaptéedosée en àfonction de chaque cas individuel. 19’44

19’53

Un moment de distraction et de détente qui permet d’oublier la psychiatrie et les problèmes personnels. 19’58

20’01 Wolfgang Maier

" Je recommence à avoir exactement le même problème qu’avant. Je ressens à nouveau une fatigue permanente. Et si je sors du servicede la clinique maintenant, si je reprends le travail, le même travail, je suis sûr qu’à nouveau, je n’arriverai pas à faire ce qu’on me demande. Il y a toutes les réactions... les troubles de l’équilibre, on devient plus lent. Alors on finit par arrêter tout simplement les médicaments, ou bien par oublier d’aller à la pharmacie acheter les comprimés. En fait, c’est tout le problème. C’est de cela dontque j’ai peur, de n’être pas capable de m’organiser tout seul, avec les médicaments. " 20 "39

20’58

La recherche fondamentale sur la piste de la folie. Ici, la dissection d’un cerveau de rat. En comprenant mieux les causes de la maladie, on peut mettre au point des médicaments plus efficaces. A l’université de Bonn, les chercheurs s’intéressent également à la dopamine, et pour leurs travaux, ils ont besoin des fragments microscopiques de tissus/fibres. Ils s’interrogent surse demandent quelle est l’origine des dysfonctionnements biochimiques du cerveau. Existe-t-il une cause héréditaire? 21’22

21’28

On sait, aujourd’hui, qu’outre la dopamine, un autre neurotransmetteur, la sérotonine, provoque une perception déformée de la réalité., c’est la sérotonine. 21’36

Les médicaments modernes comme la clozapine bloquent les récepteurs à lade dopamine et à lade sérotonine. 21’47

21’49

Les chercheurs avancent l’hypothèse selon laquelle chez les schizophrènes, la structure génétique de ces récepteurs pourrait avoir subi des modifications. L’hérédité joue un rôle dans la schizophrénie, on le sait avec certitude. Mais jusqu’ici, on n’a pas encore réussi à isoler le, - ou plus vraisemblablement, les gènes responsables de la schizophrénie. Car une maladie aux manifestations aussi diverses ne peut résulter d’un seul caractère héréditaire. 22’09

22’12 Mais par où commencer les recherches ? 22’14

22’16 Peter Propping

" Actuellement, nous concentrons nos recherches sur les familles de récepteurs à l’adopaminelade dopamine et à lade sérotonine, et nous cherchons systématiquement dans les gènes de ces récepteurs les variantes génétiques, c’est-à-dire les différences entre plusieurs sujets pour voir si ces variantes apparaissent plus fréquemment chez les schizophrènes que chez les sujets sains. " 

Q: Avez-vous déjà trouvé quelque chose ?

" Nous avons trouvé toute une série de variantes, mais aucune d’entre elles n’apparaît plus fréquemment chez les schizophrènes. Néanmoins il faut tenir compte du fait que le cerveau contenant environ trente mille gènes actifs, cela signifie quasiment chercher une aiguille dans une meule de foin, ou bien on peut aussi s’attendre à ce qu’il y ait beaucoup d’aiguilles dans une seule meule de foin ".

23’06

Matthias et Volker sont de vrais jumeaux originaires de Mayence, des sujets sains. Leur patrimoine génétique est identique. La recherche a une prédilection pour les jumeaux, car ilsparce qu’ils permettent de déterminer l’influence respective de l’environnement et des gènes. Des études menées sur des jumeaux ont permis de conclure que le facteur génétique à lui seul ne déclenche pas la maladie, car chez les vrais jumeaux, dans la moitié des cas observés, seul l’un des deux est atteint de schizophrénie. 23’28

23’30

UneLa technique d’imagerie, la RMN ou (résonances magnétiques nucléaires), permet de comparer le fonctionnement du cerveau et de voir s’il est identique chez les deux sujets.

Grâce à elle, on mesure l’irrigation sanguine, car la partie qui travaille est mieux irriguée. Ces taches rouges signalent par exemple des mouvements des mains. 23’47

23’50

A l’Institut américain de la Santé, dans les environs de Washington, on procède à des expériences sur cinquante couples de jumeaux dont l’un des deux est schizophrène et l’autre non. 23’59

24’00- Prof. Daniel Weinberger

" Ce qui était exceptionnel dans les études effectuées chez les jumeaux, c'était que nous pouvions examiner des sujets individuellement, car nous avions un contrôle parfait de chaque individu. Auparavant, la plupart des études sur la schizophrénie analysaient une classe de personnes que les chercheurs avaient jugé atteintes de schizophrénie. Vous les mettiez ensemble et vous aviez vraiment là une caractéristique ou une tendance de groupe, mais vous n'aviez pas vraiment de bonnes informations sur les individus eux-mêmes. Avec un groupe de jumeaux, dans lequel chaque individu de référence peut-être comparé à un témoin, nous pouvons faire des évaluations sur les individus. comparée au PET, ou à un examen à l'aide de produit radioactif, que nous pratiquons depuis 20 ans maintenant, l'aspect remarquable de l'irm fonctionnelle et ce qui en fait son originalité, c'est que nous pouvons examiner des individus par ce moyen.

 

 

24:57 Professeur Daniel Weinberger

" la personne est placée dans le scanner à IRM et on lui pose le système de lunettes à cristaux liquides qui lui permet de voir la tâche à effectuer pendant qu'elle est dans le scanner. Elle a dans une main un boîtier à fibre optique pour répondre, qui nous permet de connaître son choix devant un problème donné. "

25:25" Voila ce qu'elle voit dans les lunettes. C'est une partie de la tâche qui sert de contrôle dans l'étude. Et maintenant, on lui demande d'appuyer sur le bouton qui correspond au stimulus qu'elle voit ici sur l'écran. A chaque fois qu'elle doit appuyer sur le bouton, cela correspond au 2, au 3, au 2 et il faut qu'elle continue comme ça. C'est assez rapide, toutes les 1,8 secondes il y a un nouveau stimulus.

Et maintenant elle doit effectuer la partie de l'étude qui concerne la mémorisation. Celle-ci suppose qu'elle revoie exactement la même chose. Mais au lieu d'appuyer sur le bouton qui correspond au stimulus exact qu'elle voit, elle doit appuyer sur le bouton qui correspond au stimulus qu'elle voyait deux stimuli avant. Elle doit donc en permanence activer sa mémoire en fonction de ce train de stimuli, pour toujours répondre en décalant exactement sa réponse de deux étapes en arrière par rapport au stimulus actuel. Nous appelons cela la "tâche de mémorisation par rétrogradation de deux étapes ".

 

26’38

Il ne s’agit pas d’un exercice facile, même pour un cerveau sain. Qu’a-t-on pu observer chez les jumeaux ? Les images informatiséesques montrent des points rouges permettant de mesurer l’activation de l’irrigation sanguine - mais ce que nous voyons signale seulement un mouvement des mains. 26’54

26’56

L’exploitation des tests a révélé que le jumeau schizophrène utilise moins bien que l’autre sa mémoire de travail. L’image RMN ne présente pas de signaux. Le professeur Weinberger et son équipe concluent à un dysfonctionnement de l’aire frontale du cerveau chez les schizophrènes. 26’13

27’15

Voici les résultats du test effectué sur un sujet normal. Deux petits points rouges signalent une activité de l’aire frontale. 27’22

27’26

Chez les sujets atteints de schizophrénie, ils n’apparaissent pas. Il faut admettre que pour un non- spécialiste, la différence est difficilement observable. 27’35

 

 

Mais à quoi mène tout ceci, peut-on se demander. Ces techniques nouvelles sont-elles simplement des jouets onéreux bien chers réservés aux chercheurs ? 27’43

27:44 `Weinberger

" Eh bien, les techniques sont certainement très spectaculaires, elles sont excitantes et passionnent les scientifiques. Ces techniques ouvrent de nouvelles fenêtres pour regarder dans le cerveau d'une façon que nous ne pouvions pas imaginer ; elles peuvent être utilisées comme des jouets et parfois ce sont de véritables jouets. Mais nous espérons pouvoir être capables de mettre en avant, particulièrement avec ces nouvelles méthodes RMN, des traits caractéristiques uniques appartenant à des êtres humains qui nous montreront comment ils traitent des informations compliquées. Nous pourrons ainsi définir les règles que suit le cerveau pour traiter les informations. Une fois que nous pourrons définir ces règles et la façon dont elles varient d'un sujet à l'autre, et pas seulement chez des malades mais aussi chez des personnes en bonne santé, nous comprendrons beaucoup mieux comment ces mêmes règles peuvent se briser. " 28:41

28:47 Weinberger LaWeinberger

recherche c'est d'avancer dans un couloir sans savoir ce qui se trouve au bout. C'est ça la recherche. Si on savait à l’avance ce que l’on va découvrir, alors cette recherche serait vaine. Parfois vous avez l’impression de vous trouver dans un cul de sac. Cela peut être le cas, mais ces impasses peuvent également mener à une découverte très importante. 29’13

29’19 Matthias Voix off sur générique.

" Tout est normal. Tout est normal. Tout est normal.// Et vous, vous êtes normal ? Et vous ? Et vous ? 29’31.

Adaptation   3i Traductions