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BHEKI MSELEKU
8340
HUGH MASEKELA
01 05
Je l'ai toujours dit, "Il y a un type qui s'appelle Bheki Mseleku. Pour moi, c'est un des plus grands musiciens qui aient jamais existé, et je suis sûr qu'on entendra un jour parler de lui". Quand j'ai finalement appris qu'il faisait un malheur ici, en Europe, je n'ai pas été surpris. C'est même étonnant que ce ne soit pas arrivé plus tôt. (0124)
COURTNEY PINE
02 13
Quand Bheki joue, on a limpression quil vit sa musique. Quand il joue certains accords, on sent l'effet positif qu'ils ont sur lui, et ce sentiment-là, il le transmet aux autres musiciens. En fait, on joue des mélodies sans qu'il ait besoin de dire " Vous pouvez jouer ceci ? Do dièse, ré dièse ". Ce n'est pas de ça qu'il s'agit. Il s'agit de sonorité et de sensibilité. (02 32)
BHEKI MSELEKU
02 55
Je n'ai eu aucune formation musicale dans mon enfance. Si je suis musicien, vous savez, c'est par accident, car à l'époque, à la maison, le piano a servi à faire du feu. A la mort de mon père nous étions pauvres. Mais je ne pense pas que ce soit la seule raison. En fait, à la maison, on ne réalisait peut-être pas vraiment que le piano était inestimable, que cela représentait une richesse. Je n'étais pas intéressé par la musique. La preuve en est que jai particip_ à la démolition de ce piano. Malgré tout, je suis devenu musicien, même sans posséder d'instrument. (03 29)
04 01
Quand j'ai commencé à jouer, j'ai découvert que j'y arrivais sans peine. J'écoutais beaucoup de musique quand j'étais petit, et je suppose que c'est de là que ça vient. De plus, en Afrique du Sud, la musique est partout, la musique des Noirs notamment. (04 14)
04 35
Les progrès musicaux de Bheki ont connu quelques déboires après un accident survenu dans son enfance. Un jour, avec ses copains il est tombé dune voiture à pédale qu'ils avaient fabriquée eux-mêmes.
BHEKI MSELEKU
04 45
Quand je me suis relevé - j'étais le plus gravement blessé dentre nous - je me suis mis à pleurer. Je voyais tout ce sang et ce doigt : il ne tenait plus que par un bout de chair.
Vous voyez ce doigt ? Celui-ci a été brûlé, à la maison, et de celui-ci il ne restait que deux os. On m'a amputé à l'hôpital. Enfin, d'après moi, si j'avais été Blanc, en Afrique du Sud, ils me l'auraient sans doute recousu. C'est comme ça que j'ai perdu ma main. D'une certaine manière, ça affecte ma façon de jouer. Je dois donc m'adapter et je crée mes propres accords. (05 15)
HUGH MASEKELA
06 20
J'ai d'abord connu Bheki par sa musique. Dans les années soixante-dix et quatre-vingt, j'achetais beaucoup de disques et je crois que je l'ai entendu pour la première fois grâce à un enregistrement avec le groupe "Drive". Je disais toujours, "Qui est ce pianiste ? C'est génial, ce qu'il fait !" Et on me répon-dait : "C'est Bheki."(06 39)
BHEKI MSELEKU
06 46
J'ai une mauvaise réputation auprès des groupes sud-africains, et je passe pour un instable. Je travaillais beaucoup, à l'époque. Je les quittais souvent pour aller travailler seul. Quand je jouais avec eux pendant la journée, le soir, je rentrais et je travaillais pour mon compte, parfois jusqu'à l'aube. Après, je dormais quelques heures, je me levais et j'allais à nouveau jouer avec eux, ce qui fait qu'en six mois j'avais réalisé un travail qui aurait pu prendre, normalement, deux ou trois ans. (07 15)
MELVYN BRAGG
07 27
Après s'être produit plusieurs années avec les groupes locaux, Bheki a décidé, tout comme Masekela avant lui, de quitter l'Afrique du Sud et de s'exiler au Zimbabwe au début des années quatre-vingt.
BHEKI MSELEKU
07 34
En quittant l'Afrique du Sud, j'ai pris une décision vraiment très difficile. Devoir quitter ma mère, mes enfants, mes amis, tous mes amis musiciens, c'était vraiment difficile. En Afrique du Sud, tout le monde, presque tout le monde se connaît. Bien sûr, ce n'est pas tout à fait vrai, parce qu'il y a beaucoup dartistes. On ne peut pas tous les connaître, mais, tout de même, les gens sont tellement liés, qu'on en connaît la plupart. Alors ça a été difficile de les quitter. Comme d'autres artistes avant moi, je devais prendre cette décision si je voulais poursuivre ma carrière artistique. Tous n'ont pas quitté l'Afrique du Sud, mais quelques musiciens parmi les plus importants sont partis. (08 16)
HUGH MASEKELA
08 17
En 1985, je vivais au Botswana et nous y avions un studio d'enregistrement. J'ai beaucoup visité le Zimbabwe et j'y ai connu sa soeur Pinkie. Elle chantait pour un de mes amis, Shop Cadin, dans un club qui s'appelait "The Playboy". Et un jour, elle m'a dit, "Tu sais, mon frère est ici". Je lui ai demandé : "Où ça ?". Elle m'a répondu : "Ici, au Zimbabwe." Je lui ai dit : "Tu sais, je voudrais bien le rencontrer". Il sy trouvait en tant qu'exilé, je crois. Nous, nous étions en train d'enregistrer un album intitulé "Waiting for the Rain", et je lui ai donc demandé s'il voulait se joindre à nous, s'il avait le temps, car il se produisait dans des réceptions. Je lui ai demandé s'il voulait se rendre avec moi au Botswana pour terminer cet album. Ce qui m'intéressait, c'était de jouer avec lui . Il a alors accepté de se joindre au groupe. Après, nous avons fait une tournée en Angleterre. (09 12)
BHEKI MSELEKU
09 13
A Londres, tout était différent. Au début, quand je travaillais au piano, les gens se plaignaient du bruit. J'ai dû apprendre tout ça. A l_poque, j'avais beaucoup de mal à ne pas travailler, c'était tellement important pour moi. J'ai dû m'acclimater. Maintenant, quand j'ai un piano à ma disposition, je suis plutôt paresseux. J'ai pris cette habitude, c'est devenu ma façon dêtre, et c'est un peu triste. A présent, je suis très content d'avoir signé avec Polygram, cela moblige à changer de vie. Financièrement, je pourrai probablement acheter une maison et mon premier piano. Je n'ai jamais possédé un piano de ma vie, vous savez. (09 55)
COURTNEY PINE
10 48
J'ai croisé Bheki au début ou au milieu des années quatre-vingt. Certains musiciens de notre groupe étaient en train de mettre au point une sonorité et un style, et brusquement il y a eu ce pianiste, venu de nulle part. Quand il nous a rejoints, il était déjà un musicien accompli. Beaucoup de musiciens, comme moi, en sont encore au stade de la mise au point. Lui, c'était un musicien accompli. Un musicien extraordinaire. Il capte les vibrations des musiciens qui l'entourent, se met au piano, et les choses viennent delles-mêmes. Ensuite, Bheki insinue certaines choses. Il ne vous dit pas de les jouer, mais il l'insinue. Puis vous réalisez qu'en fait, il dévie, et vous vous rendez compte que vous venez de réussir un superbe morceau.
COURTNEY PINE
11 59
Quand on joue sur scène, je suis parfois profondément absorbé par ce que je suis en train de jouer. Et quand c'est le tour du solo de Bheki, on a toujours l'espoir que ce morceau sera réussi. Cest ce sentiment-là que je cherche à transmettre par mon jeu. En fait, c'est Bheki qui me la transmis. Il y a cette sensation merveilleuse que le monde extérieur n'a aucune importance , il y a cet esprit positif qui mène au succès. (12 32)
COURTNEY PINE
14 46
Bheki a tout changé. En fait, si ce n'était pas pour lui, beaucoup d'entre nous ne feraient pas ce qu'ils font maintenant. Ce qui est merveilleux, c'est qu'il n'a jamais dit que nous jouions mal. Et pourtant, il le savait. Il nous a aidés à trouver la bonne voie, et même si son nom ne figure pas en page de couverture des magazines, il est présent et il nous soutient depuis le début des années quatre-vingt. (15 09)
JOHN FORDHAM
15 10
Pour le mouvement de renouveau du jazz apparu en Europe, Bheki a joué un rôle très important. Il a été l'un des musiciens les plus marquants issu de ce qu'on pourrait appeler le mouvement musical mondial métissé, de toute cette musique reliée à l'Afrique du Sud et dérivée du jazz afro-américain en particulier. On y trouve une sorte de romantisme classique, ce classicisme dix-neuvième siècle qui a imprégné ceux qui ont influencé Bheki par ailleurs. Je pense, en fait, que cet aspect universel de sa musique fait de lui une figure clef du jazz contemporain. (15 50)
BHEKI MSELEKU
15 51
Quand on parle dimprovisation en terme de musique classique ou de jazz, cest une erreur. Mais il existe bien ce qu'on appelle une improvisation spontanée, qui repose toutefois sur une structure. Il peut y avoir une mélodie déjà composée et sur laquelle on improvise ensuite. Ou alors il s'agit d'une improvisation véritable, qui ne viole pas les règles. C'est une sorte de convention. C'est composé de façon structurée. Comme ce que je viens de jouer, par exemple ... (16 25)
17 18
En fait, ce sont des accords qui se suivent en respectant certaines règles, comme ceci. (17 26)
17 33
On peut faire beaucoup de choses à partir de là, et, pour une raison quelconque, je suis attiré par ces variations. Par exemple quand je pars de la tonalité du début et que je passe par douze tonalités en tout, je me laisse entraîner. C'est un peu comme un apaisement, et il s'agit plutôt d'un apaisement de ma vibration, sans doute, que d'altérations. Si mon humeur change, je joue autre chose. (18 04)
18 34
Pour moi, ce sont des sons essentiels. Ce pourrait être le tonnerre ou autre chose, ils pourraient faire penser à... la nature. Une nature peut être parfaitement désorganisée. Parfois, elle génère des tremblements de terre et du vent qui peuvent être désagréables pour beaucoup de gens. Vous comprenez, je suppose que parfois, on joue les choses parce qu'on les ressent. Sinon, elles n'auraient pas de raison d'être. Mais je crois qu'une autre partie de nous-mêmes vit dans un autre royaume, à l'abri de tout ce qui se passe à l'extérieur. C'est le royaume du calme et de la paix et j'essaie d'être en phase avec ce monde-là. Je m'efforce donc de jouer en douceur, harmonieusement, en suivant le rythme des choses. Certains airs des Noirs sont très simples, je suis attiré par l'enfant en moi. (19 30)
HUGH MASEKELA
19 31
Il est très, très sincère, vous savez, et il tient à ses engagements spirituels. Pour lui, c'est important, ça l'aide vraiment. Je ne dis pas que c'est un soutien pour lui, mais je pense que cette magie vient en partie de là. S'il n'avait pas cette sensibilité et fragilité, je pense qu'il n'aurait pas la même inspiration. Je suis heureux qu'il en soit ainsi. (20 04)
BHEKI MSELEKU
20 30
Le morceau "Mngoma", qui signifie "médium", est particulier. Il m'est venu en chantant. Je me considère moi aussi comme un médium, qui utilise les sons et la musique. J'essaie d'en être pleinement conscient, en cherchant à purifier la voie par laquelle arrive cette énergie. (21 15)
COURTNEY PINE
22 14
Quand on voit quelqu'un comme Bheki, on pense "il est fou, ou quoi ?" Pourquoi ne fait-il pas ce que font tous les autres? Il y a beaucoup de gens, moi compris, qui ont peur de révéler cette face cachée. Des gens comme Bheki peuvent la dévoiler et nous montrer qu'en vivant d'une façon spirituelle, on peut réussir. (22 37)
JOHN FORDHAM
23 34
Il y a différentes façons de savourer et d'apprécier les nuances du son. Il faut beaucoup de patience pour permettre à la musique de se révéler. Son expérience de l'Afrique du Sud et ses croyances spirituelles et religieuses y ont sans doute contribué. (23 48)
BHEKI MSELEKU
23 50
Lorsque j'arrive à entrer en moi-même et à trouver un sentiment de pureté, de paix et de sérénité, j'essaie de le traduire par ma musique. Je suis sûr qu'il y a d'autres choses qui entrent également en jeu, mais mon objectif, c'est surtout la simplicité. Cela ne veut pas dire que quelque chose d'aussi abouti qu'une mélodie, comme "Giantstep"... (24 12)
24 15
... de Coltrane, ne soit pas simple. En fait il s'agissait d'une personne qui aimait, qui avait la même conception de l'amour que moi, et l'amour c'est la voie la plus simple, mais aussi la chose la plus compliquée, si on y réfléchit bien. Pour la musique, c'est la même chose. Je ne pense pas que nous soyons jamais ... (24 32)
24 33
... que nous soyons jamais en mesure d'expliquer ce que nous ressentons exactement en entendant la musique. Cela relève du mystique. (24 41)
JOHN FORDHAM
24 42
Je pense que nous en apprendrons enncore bien davantage sur ses racines et sur tout ce qui a joué un rôle dans son évolution musicale particulièrement complexe, d'autant plus complexe qu'elle a été totalement spontanée, sans aucune formation. (24 56)
BHEKI MSELEKU
26 40
Je sais que ce que je joue est souvent répétitif, mais en fait, la musique m'entraîne sans que je sache exactement où elle va me mener. J'ai parfois l'impression qu'elle ne s'arrêtera jamais. Voyez par exemple ce morceau que j'essayais de terminer : je n'arrivais pas à le finir parce qu'il continuait à m'entraîner. C'est ce qui m'arrive quand je joue et que je n'arrive pas à m'arrêter à temps. En ce moment, par exemple, je ne me pose pas de questions sur ce qu'on filme. Un "gig" qui commence et qui prend fin à un moment précis, ou un enregistrement, toutes ces choses posent également problème, pour moi. La musique devrait uniquement être une expérience de tous les instants de la vie. Elle devrait être spirituelle, ce devrait être un rituel. (27 40)
HUGH MASEKELA
27 41
Le talent, c'est quelque chose de mystérieux. Que peut-on dire de plus, sinon "Seigneur, c'est extraordinaire" ? C'est ce que je ressens à propos de Bheki. Quand je l'ai entendu pour la première fois, quand je l'ai rencontré, je n'ai pas réalisé à quel point il était extraordinaire. Il a pris le saxophone et je me suis dit : "Seigneur, que va-t-il faire maintenant ?" (27 56)
COURTNEY PINE
28 53
Ce n'est un secret pour personne : l'Angleterre a le don de décourager les talents. Un musicien comme Bheki n'a qu'une solution : partir aux États-Unis travailler avec ces légendes vivantes que sont Joe Henderson, ou Pharoah Sanders, et espérer que les Anglais comprendront qu'il est estimé là-bas et qu'il pourra alors rentrer à Newcastle pour jouir de la considération qu'il mérite. (29 14)
HUGH MASEKELA
29 15
Il respire la musique, il est entièrement musique. Bheki connaîtra certainement son heure de gloire, il sera l'un des plus grands musiciens de légende jamais venus d'Afrique.
(29 29)
MELVYN BRAGG
32 02
A la fin de l'année dernière, le South Bank Show a suivi Bheki à New York, où il était allé enregistrer son nouvel album "Timelessness", avec les plus grands jazzmen contemporains: Joe Henderson, Alvin Jones, la chanteuse et actrice Abbey Jones et Pharoah Sanders. (32 16)
BHEKI MSELEKU
32 32
Il fallait que j'enregistre cet album à New York, car New York a une énergie tellement extraordinaire ! Il y a une ambiance extraordinaire là-bas, pour moi en tout cas. Je devais l'enregistrer à New York. (32 42)
32 51
Pour la plupart des "gigs" que j'ai composés ainsi que pour mon premier album, le groupe a fait appel à Michael pour la basse. C'est un musicien d'une grande sensibilité et nous avons d'excellents rapports avec lui. J'ai également travaillé avec Marvin Smithy Smith à la batterie. Nous avions déjà enregistré "Celebration" ensemble, et de nombreux autres morceaux. (33 10)
33 34
"Monks Move", un air dans lequel joue Pharoah Sanders : il est dédié à Theolinus Monk. (33 41)
34 24
Pharoah est un musicien tellement merveilleux : il est entièrement spontané. Il ne fait pas vraiment appel à l'intellect, bien qu'il l'utilise. Son jeu est entièrement spontané ! Monk devait être ainsi. Nous n'avons pas pu répéter auparavant avec Pharoah. Je savais donc que je devais l'aider à se mettre dans le bain pour réussir l'enregistrement correctement. (34 34)
35 27
C'est exactement ce que nous avons fait, ce n'est pas différent de ce que nous avons fait précédemment.
Ca devrait aller, Pharoah.
PHAROAH SANDERS
Merci beaucoup.
BHEKI MSELEKU
Merci beaucoup.
36 09
Entrer directement dans un studio et faire les réglages juste avant d'enregistrer, c'est particulièrement difficile. La spontanéité vous permet parfois de capter la musique sur le vif, cette vie et cette fraîcheur. (36 24)
36 32
La ballade que j'ai enregistrée ici avec Abbey m'est venue comme la plupart de mes chansons. Aussitôt composée, je l'ai dédiée à Keepe Moketze et Monk. Je n'en ai jamais eu les paroles. Je les ai entendues là pour la première fois, lorsque nous nous sommes réunis pour répéter. (36 50)
ABBEY LINCOLN
37 15
Quand j'écris une chanson, quand j'en écris les paroles ou quand je la compose, je l'apprends. Les paroles me viennent sans que je connaisse obligatoirement la musique. Cette fois-ci, j'ai dû apprendre la composition de Bheki ainsi que mes propres paroles. Je les ai ici, sur moi. (37 41)
BHEKI MSELEKU
37 42
Cette chanson m'est venue en rêve, comme beaucoup d'autres. Il y en a que j'ai oubliées à mon réveil le matin. J'essaie de les jouer au piano et je les ai oubliées. Mais j'ai réussi à retenir celle-ci. (37 54)
ABBEY LINCOLN
40 04
Ce sont mes paroles, mais c'est la chanson de Bheki. Il s'agit d'une composition remarquable, et c'est certainement la raison pour laquelle j'ai trouvé les paroles si facilement. Ça n'a pas été très difficile. Il les aime et j'en suis très heureuse.
(40 23)
MARVIN SMITH
41 00
Ses racines sud-africaines sont bien présentes, c'est incontestable. Elles sont le fondement de sa musique, c'est son origine. Sa musique est née de l'expérience noire sud africaine. (41 13)
BHEKI MSELEKU
41 48
"Vukani Madoda" signifie en zoulou "Réveille-toi, homme." Nous chantons également dans certains passages : "réveillez-vous, enfants". Le zoulou est ma langue maternelle. Son message, c'est un peu : réveillez-vous pour un monde nouveau, un monde de paix. Et cela concerne aussi bien l'Afrique du Sud que tous les événements survenus dans le monde. Nous devons prendre le parti de l'amour et de la paix sur terre. Tel est le message de cette chanson. (42 19)
BHEKI MSELEKU
42 51
Mes influences sud-africaines sont multiples et revêtent différentes formes. On ne réalise pas toujours que l'Afrique du Sud est réellement multiculturelle. Toutes sortes de peuples y vivent : des hindous, des musulmans, etc. Personnellement, je suis né et j'ai grandi dans cette Afrique du Sud, en tant que Zoulou, bien entendu, mais tous ces éléments sont bien présents. Voilà l'Afrique du Sud que j'ai connue et qui m'inspire, mon véritable pays. (43 18)
MARVIN SMITH
43 19
Si on jouait ça lentement, d'abord ? Il faut d'abord que je sois sûr d'être dans la bonne tonalité.
BHEKI MSELEKU
Non, il vaut mieux chanter avec l'enregistrement, parce que je chante plus fort.
43 39
C'est ce qui est bien avec ces musiciens. Ils chantent tous, quand ils jouent de leur instrument. Peut-être que vous ne vous en rendez pas compte, mais les meilleurs musiciens sont ceux qui chantent leur musique. Ils avaient l'occasion de chanter sans jouer, et c'était très bien. (43 52)
BHEKI MSELEKU
45 19
J'ai toujours aimé le saxophone. La plupart des musiciens qui m'ont influencé jouaient du saxophone. Le premier morceau que j'ai joué a été composé pour cet instrument par un saxophoniste : Mankunku Gose. (45 30)
45 37
J'ai toujours aimé le saxophone. Un jour, j'ai décidé d'en jouer. (45 40)
45 47
Je n'ai jamais l'occasion de jouer avec un autre pianiste, et j'ai pensé que nous pourrions faire une tentative cette fois. Rodney semble être le musicien qu'il me faut. Nous nous entendons très bien. (46 00)
46 26
C'était évidemment indispensable, et je savais que c'était un musicien très sensible capable de me comprendre, de me suivre. Nous avons décidé de jouer "Homeboyz". C'est un très beau morceau, un air de danse, qui se joue comme lors d'une séance de jazz improvisé. Je pense que nous l'avons bien réussi. (46 44)
48 15
Comme je le disais, j'ai choisi une chanson simple, sur un rythme que nous reconnaîtrions tous, dans la mesure où nous avons été élevés dans le même esprit : il s'agit d'un chant de ghetto. On y retrouve cet esprit du jazz, cette spontanéité. A mon avis, la musique actuelle manque de cette spontanéité. (48 32)
Adaptation : 3 i Traductions.
| Adaptation 3i Traductions |