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01.35 Commentaire
Il est une île, où le mot liberté retrouve tout son sens.
Cette liberté, beaucoup l'ont cherchée vainement ailleurs. 01.42

01.43
Une île, qui répond à toutes les aspirations.
Une île, où lâon peut devenir puissant comme un roi en très peu de temps, même si lâhistoire ne se montre pas toujours clémente envers les souverains. 01.55

01.57
Une île. Etrangère et pourtant si familière que lâon sây sent comme chez soi.
Une île. Incarnation du rêve allemand ? 02.07

02.12 Peter Harig
Bien sûr, entre-temps, câest devenu un rêve... Et une fois quâon y a goûté, on est conquis. 02.19

02.20 Nils
Au fond, ici, câest le paradis. 02.23

02.26 Sabine
On sâen sort, jâen suis sûre· dâune manière ou dâune autre. 02.29

02.32Titre
Majorque : un rêve allemand.

02.38
un film de Willi Waschull

02.49 Commentaire
Sabine Stankowitz a débarqué ici il y a quelques mois. Seule, avec son fils Kai. Elle nâa jamais vécu avec le père de son enfant. DâAllemagne, elle avait cherché de quoi se loger. Elle a fini par trouver un appartement et sâest ainsi installée par hasard à
Puerto Pollensa. 03.05

03.06
Dans un premier temps, elle vit de ses économies et de petits boulots. Ici, à Majorque, Sabine aspire à prendre un nouveau départ, vivre une expérience existentielle, réfléchir sur elle-même. 03.19

03.24
Nils Burwitz vit depuis 22 ans à Majorque. Peintre, il jouit dâune grande réputation sur lâîle. Il a abouti là après un détour par lâAfrique du Sud, où il était dans lâimpasse, comme lâensemble du pays dâailleurs. Lorsquâil était en Afrique, explique-t-il, la politique inspirait directement ses oeuvres. Majorque lui a permis d'opérer un véritable retour aux sources. 03.45

03.47
Pour Nils Burwitz, Majorque fut dès la première heure plus quâun simple lieu de villégiature. La ville de Palma lui a commandé ce triptyque. Il prendra place ici, à lâhôtel de ville. Avec la responsable du service culturel, Nils parle en Catalan, dont le Majorquin constitue une variante. 04.06

04.11
Le triptyque représente la sainte Patronne de la ville, la vierge Marie. Au début du XIII
e siècle, elle aurait sauvé le roi Jacques 1er dâune tempête, durant la campagne contre les Maures pour réintégrer Majorque à la couronne dâEspagne. 04.28

04.36
Il y a quatre ans, Silvia et Peter Harig se sont acheté un petit hôtel dans le quartier animé de
El Arenal, surtout fréquenté par les Allemands. 04.46

04.47
En ces jours de printemps, les affaires sont calmes. Lâatmosphère est tendue, car nul ne sait encore si le meurtre du roi majorquin de la bière, Manfred Meisel, fera du tort au commerce. Tout comme Meisel, les Harigs ont profité du boom de ces dernières années. 05.01

05.10
Avant Pâques, chaque nuit durant la semaine sainte, une procession traverse la ville de Palma  la procession dite des pénitents. 05.18

05.21
Bien que lâEglise catholique dâEspagne soit moins influente qu'autrefois, les traditions connaissent désormais un regain dâintérêt. Avec lâarrivée en masse des étrangers et des Espagnols du continent les Majorquins ont repris conscience de leur propre culture. 05.37

05.45
En Espagne, les processions sont apparues à lâépoque de la contre-réforme. Les hommes se fustigent pour expier leurs péchés. Le port du capuchon leur permet de défiler dans lâanonymat. 05.57

06.06
Au
  Xapala  (prononcer Tchapala), le petit hôtel des Harigs qui compte 65 lits, tout est prêt pour la saison qui sâannonce· 06.11

06.10 Peter Harig
Voici nos chambres doubles. Elles ont toutes été refaites à neuf. Il y a encore trois ou quatre ans, on se serait cru sur un champ de bataille. Elles ont été construites il y a trente ans et tout était resté en l'état depuis. Le nombre de chambres n'a pas changé, nous avons tout rénové selon les normes allemandes. 06.30

06.35 Commentaire
El Arenal arrière-cour. Vue sur la mer - avec un peu dâimagination. Pour Peter Harig, il était clair que rien ne lui tomberait du ciel. Pendant 15 ans, il a tenu un bistrot avec sa femme, à Düsseldorf. 06.48

06.49
Un beau jour, il en a eu assez. Il décide alors dâemmener son fils Patrick et son épouse à Majorque et rachète lâhôtel.
Le nettoyage de la piscine fait désormais partie de son lot quotidien. 06.59

07.01 Peter Harig
Câest vrai, mais câest la dernière fois de lâannée, car lâannée prochaine, elle va disparaître. La moitié sera rebouchée et de lâautre côté, on fera des bains à remous, et tout ce qui va avec. Les gens préfèrent. Ils vont rarement dans la piscine, car lâeau y est trop froide. Tandis que là, ils pourront sâasseoir· Ces bains à remous seront suffisamment grands pour accueillir 8 à 10 personnes. Câest tellement plus agréable de pouvoir sâasseoir· 07.27
07.29
Les travaux sont prévus pour lâannée prochaine. Aussi, nous nâentreprenons rien de définitif, nous assurons juste la maintenance. Lâannée prochaine, on changera tout. Là, je pourrai faire quelques améliorations, des travaux dâembellissements· Surtout, personne ici ne possède un jacuzzi de cette taille. Les gens vont adorer. Quand ils veulent se baigner, ils vont à la mer. Une piscine ici, ça ne sert à rien, personne ne l'utilise. 07.52

07.57 Commentaire
Comme beaucoup dâAllemands et Anglais, Sabine Stankowitz apprend lâEspagnol. Les femmes sont très nombreuses à suivre ces cours. 08.05

08.08
nâes pas dâici, tu es allemande, nâest-ce pas ? Pourquoi as-tu décidé de vivre à Majorque ? 


08.13 Sabine
âaime beaucoup le soleil...
et la mer... 
08.19

08.28 Commentaire
Quâen pense Margitta, une amie de Sabine ? 08.30

08.33 Margitta
est chère à mon cþur  08.37

08.42 Commentaire
La mer, le soleil, une île qui réjouit les cþurs. Un rêve que seuls quelques-uns réalisent pour la vie. 08.50

08.52
Sabine a réuni quelques connaissances, afin de tester un projet de travail sur lâîle. Guide accompagnateur pour petits groupes. Jusquâà présent, leurs annonces ont suscité peu dâintérêt. Difficile en effet de trouver un créneau porteur au sein dâun secteur du tourisme aussi engorgé. 09.11

09.12 Sabine Stankowitz
Nous allons maintenant quitter
Puerto Pollensa et rejoindre le cap Formentor en empruntant   La Caviota  . Il sâagit de la seule ligne maritime qui longe la côte. Le trajet dure 25 minutes. 09.23

09.24 Commentaire
Une nouvelle vie, offrant à la fois liberté et sécurité. Une existence à lâallemande, teintée dâexotisme. Majorque  où comment vivre à lâétranger, tout en se sentant un peu chez soi.
09.37
Pendant 11 ans, Sabine a été secrétaire en Souabe. Puis, trois ans à Munich. Par la suite, elle sâest reconvertie dans le tourisme. Quâest-ce qui ne lui convenait donc pas en Allemagne ? 09.47

09.48 Sabine Stankowitz
Disons, la mentalité, ce côté conservateur, l'étroitesse dâesprit des gens... La morale, la semaine de nettoyage, le gardien, pour citer des habitudes propres à ma région. En fait, nulle part en Allemagne, je ne me suis jamais sentie vraiment libre, je me sentais à lâétroit. 10.08

10.11 Commentaire
Elle a toujours été plus à son aise à lâétranger. Pour elle, les vacances représentaient bien plus quâune simple fuite du quotidien. 10.17

10.18 Sabine Stankowitz
... Je vous ai également préparé un peu de documentation, pour vous permettre de vérifier tout ce que je vous ai raconté. Je vais distribuer ces quelques documents et ces brochures à chacun de vous. 10.29

10.34 Sabine Stankowitz
Un pour Margitta, un pour madame Hoffmann... 10.38

10.39 Commentaire
"Guide accompagnatrice", tel est le titre qui apparaît sur sa carte de visite. 10.41
10.51
Jadis - tous les guides vous le diront - le compositeur Frédéric Chopin et lâécrivain George Sand ont passé un hiver ensemble dans la chartreuse de
Valldemossa. Câest lâun des plus beaux endroits de Majorque. Nils Burwitz a choisi de vivre et travailler ici. 11.07

11.08 Nils Burwitz
Ici, au-dessus de nous, se trouve lâesquisse grandeur nature du vitrail de Sainte-Eulalie. Quand on le voit dans lâéglise, câest comment dire·oui·câest différent. Il nâapparaît pas plus grand quâune carte postale et encore plus haut, il est aussi petit quâun timbre. Ici, on voit bien le projet grandeur nature, soit huit mètres. Le vitrail a été posé dans la plus vieille église de lâîle,
Santa Eulalia.   Estimaurus eys uns alsaltres  , cette inscription, ce sont ces fameuses paroles du Christ, dans le nouveau testament : les uns les autres  · Puis, nous avons là toute une série dâaquarelles. Des þuvres peintes au cours des vingt et une, des vingt-deux dernières années. Il sâagit du même thème, exactement, précisément le même thème, les terrasses de Valldemossa. Et de manière, comment dire, proprement simultanée, y figure une colonne sur le côté, qui parle de la vie de famille, de la vie dans le village, de la campagne, mais aussi de lâhistoire du monde. 12.26

12.27 Nils
Là, par exemple, on a intégré un moment essentiel de la vie du bourg, le don dâune rosace à un ermitage. 12.37



12.39 Nils
Au fond, ces textes décrivent un nouveau départ sur une île à découvrir, qui possède une longue histoire. Ils évoquent comment ce lieu
Valldemossa nous a tous accueillis à bras ouverts. 12.56

12.57 Nils
C'est vrai  au fond, ici, câest le paradis. 13.00

13.02 Nils
Mais selon moi, ce qui relie tous ces éléments, câest le contact humain, les relations quâil est possible dâétablir. Nous sommes bien évidemment au cþur dâune civilisation très ancienne· Cela mâa sensiblement enrichi. Mais il y a également le paysage, comme nous venons de le voir. Le moindre coin de nature réveille ma sensibilité, bien davantage stimulée quâen Afrique. 13.35

13.40 Commentaire
L'hôtel
  Xapala  a reçu sa nouvelle enseigne lumineuse, offerte par une brasserie allemande. Peter Harig ne sâest pas encore bien habitué aux méthodes de travail des artisans espagnols. Même au bout de quatre ans, il nâarrive toujours pas à converser avec eux. Plus tard, quand le moment viendra, il apprendra lâEspagnol. 13.59

14.00
Lorsque la barrière de la langue pose trop de problèmes, son fils Patrick vient à la rescousse· 14.03




15.57 Commentaire
Sabine rend visite à des amis. Martina et Dieter, des Allemands installés à Majorque depuis 4 ans. Pour Sabine, cette
finca reste une sorte de refuge. 16.06

16.14 Commentaire
Comment pourrait-on sâintégrer, explique Martina, si on ne nous y encourage pas ? Se lier avec des Majorquins nâest pas chose facile, Sabine est là pour le confirmer. Ceux-ci voient trop dâétrangers juste de passage. 16.26

16.28
Les Harigs accueillent essentiellement des Allemands. La clef de leur réussite  faire en sorte que leurs hôtes se sentent chez eux sur leur lieu de villégiature. Depuis, le petit hôtel de la
playa a fait des adeptes. Aussi bien les clients fidèles de leur ancien établissement de Düsseldorf que les journalistes qui lâété, alimentent la presse à scandale de Majorque ou les chanteurs à succès. 16.47

16.48 Peter Harig
Ici, câest à lâoccasion de lâouverture. Une année, je ne lâai pas tenu à jour, je nây pensais plus. Et depuis lâannée dernière, je le complète avec les artistes, les groupes
qui passent chez nous... comme celui-ci, qui vient de Cologne, les "Paweier". Ils se sont fait connaître grâce à "Buenas dias Mathias" et "Mit alle Mann am Ballermann". Tous ceux qui séjournent à Majorque connaissent ces tubes. Et là, câest Frank Zander... il vient trois ou quatre fois par an... et ici, les "Räuber", un groupe célèbre de Cologne... 17.17

17.18 Commentaire
On les retrouve dans les palais de la bière, les temples de la danse. Ils y font leur travail : divertir leurs compatriotes, qui ,ici, se libèrent du carcan de la vie quotidienne. 17.27

17.30 Peter Harig
...dans notre établissement, lâaccueil est chaleureux, familial... Certes, ce nâest pas un hôtel de luxe. Mais il fait quand même partie des bons établissements. Tous les clients qui y ont séjourné ces trois dernières années peuvent en témoigner. Câest dâailleurs pour cela quâils sont fidèles. 17.48

17.50 Commentaire
Viennent-ils également chercher ce confort propre à lâAllemagne ? 17.50

17.51 Peter Harig
Oui, oui. Absolument. Chez nous, vous pouvez prendre votre petit-déjeuner jusquâà midi. Comme cela, tout le monde est content. Même entre les repas, on vous proposera toujours un petit quelque chose. Câest notre côté chaleureux,
à la carte  · Pendant 15 ans, nous avons géré notre bistrot suivant ce principe. Nous avons donc cherché à lâappliquer ici, à lâhôtel. Je ne sais pas si câest le style dâici. Mais en tout cas, en Allemagne, ce fut une réussite. Au début, jâétais moi-même un peu sceptique· Je me suis demandé comment jâallais gérer mon hôtel. En costume trois pièces, nþud papâ et tout le tralala ou à la bonne franquette, comme mon bistrot de Düsseldorf ? Finalement, jâai décidé de ne rien changer à mon accueil. Et jusquâà présent, tout sâest passé comme sur des roulettes ! 18.27

18.32 Commentaire
Dâailleurs, il suffit de déguster un vrai café allemand ou une Pils au bar de lâétablissement de Silvia et de Peter pour oublier très vite qu'on se trouve en Espagne. 18.40

19.14
Vivre à Majorque avec le sentiment dâêtre éternellement en vacances. Un rêve que beaucoup caressent. 19.21

19.28
Sabine Stankowitz ferait-elle partie de ces doux rêveurs ? 19.33



19.36 Sabine Stankowitz
Je ne pense pas. Jâessaie de mâen sortir. Et pour le moment, ça a marché. Jâen ai déjà parlé à certaines personnes qui vivent ici depuis longtemps et elles m'ont dit :
  Des gens comme toi, on en a vu passer !  Mais je ne suis pas le genre de personnes à se laisser abattre, je suis de celles qui rebondissent. 19.57

19.59 Commentaire
En Allemagne, elle y retournerait juste en cas urgence. Uniquement pour des raisons financières. Dâailleurs, Kai nây tient pas particulièrement. Il jouit dâune liberté quâil nâaurait pas ailleurs. Selon sa maîtresse, il est particulièrement éveillé. Il apprend très vite lâespagnol. Se sent-elle prête à priver Kai dâécole quelques mois, à faire des allers et retours avec lui entre lâAllemagne et Majorque, uniquement pour des raisons financières ? 20.21

20.20 Sabine Stankowitz
Câest une bonne question. Jusquâà présent, tout sâest plutôt bien passé. Kai mâa toujours dit quâil se sentait chez lui partout où je vivais et que cela lui était égal. Ce nâest pas un enfant qui a des racines, comme on peut se lâimaginer, avec un environnement, un chez-soi, une grand-mère, des amis. Jusquâà présent, il était totalement focalisé sur moi. Jâai donc pu lâemmener partout où jâallais. Mais depuis, il a grandi, il est devenu autonome, il a pris conscience de certaines choses. Dâailleurs, il mâa dit très clairement quâil voulait rester, quâil nâétait pas prêt à partir. 20.56



20.58 Commentaire
Les rêves des parents se réalisent-ils à travers leurs enfants ? Patrick, lui aussi, le fils de 13 ans des Harig, ne veut plus jamais quitter Majorque. Il nâa même plus envie de rentrer à Düsseldorf pour rendre visite à la famille. Il préfère parler lâespagnol et regarde uniquement la télévision espagnole.

21.13
Chez les enfants, la question de lâorigine, de la patrie, de la nationalité, pose rarement problème. Alors, Patrick se sent-il Allemand, Espagnol ou Majorquin ? 21.23

21.29 Commentaire
Ou peut-être Majorquin dâorigine allemande ? 21.30

21.37 Commentaire
Les Majorquins apprécient beaucoup les þuvres de Nils Burwitz. Ses quatre vitraux ont fait grande impression sur lâîle. En tant quâétranger, il ressent comme un honneur qu'on lui ait confié ce travail. Une rencontre intime avec lââme de Majorque. Grâce à son parcours exemplaire, il est accueilli à bras ouverts dans les débats télévisés sur lâintégration des étrangers. 22.00

22.01
Lâun de ses endroits préférés à Majorque est ce site de fouilles, que personne ne connaît, hormis les paysans et les archéologues. 22.09



22.12 Nils Burwitz
Majorque est le point de confluence de toutes les nationalités. Non pas artificiellement comme à Bruxelles, où les relations se limitent au travail. Ici, les gens vivent vraiment ensemble. Certes, il y en a toujours qui préfèrent être tranquilles dans leur coin· souvent à la fin de leur vie. Mais on voit énormément de jeunes, qui spontanément vont vers les autres. 22.30
22.32
Câest un lieu de rassemblement, un endroit fédérateur, comment dire, une sorte de laboratoire européen. Oui, un laboratoire qui prouve bien que la communauté fonctionne. 22.47

22.53 Commentaire
Chez les Burwitz, on parle cinq langues. Lâanglais, lâallemand, le russe, lâespagnol et le catalan. Nils a connu son épouse Marina en Afrique du Sud. Elle a des ancêtres russes. 23.04

23.05
Son gendre Miguel est Majorquin. 23.07

23.13
Sa fille Natascha a étudié la danse espagnole et travaille désormais dans une compagnie aérienne allemande. Elle se sent espagnole. 23.20

23.21
Son petit-fils, Leonardo. 23.23

23.37
Alexander, son plus jeune fils, est né ici. 23. 39

23.43 Miguel
La famille Burwitz est vraiment remarquable, car elle sâest parfaitement adaptée à une île quâà présent, elle a fait sienne. Elle m'a fait découvrir des aspects et des choses que je n'aurais pas su discerner par moi-même. Maintenant, quand je regarde un élément quelconque de lâarchitecture ou· un paysage, je le vois avec dâautres yeux, je le vois à travers le regard de personnes qui savent sentir et interpréter la beauté de cette île. 24.16

24.26 Commentaire
Les Allemands qui émigrent à Majorque viennent de tous les horizons sociaux. Selon les estimations, ils sont quelque 50 000 à avoir établi ici leur résidence principale. Celle que lâon citait souvent comme lâîle des femmes de ménage est devenue lâîle des célébrités. Les temps changent. Du jour au lendemain, Majorque est devenue un endroit chic. Lâargent y afflue en masse. Et avec lui, les mondanités. 24.49

24.50
Si lâEspagne ou le Portugal
les pays les plus ensoleillés d'Europe deviennent une nouvelle Californie, Majorque en sera-t-elle lâusine à rêves ? Les Schiffers, les Beckers, les Maffays, les Sanders : autant de modèles. Lâîle est en pleine expansion et cela se voit. 25.08

25.13
Chacun veut son petit bout de paradis devant sa porte. Mais les places sont chères. La désillusion serait-elle au rendez-vous ? 25.20

25.24
Sabine Stankowitz travaille comme femme de ménage chez des Allemands. Ce
propreté  , comme elle l'appelle, est une de ses nombreuses idées. 25.31

25.32
Au printemps, câétait la seule activité quâelle exerçait. Actuellement, en pleine saison, elle loue des voitures aux touristes. Jusquâà présent, tous ces petits boulots nâont été quâune solution transitoire. Des jalons posés çà et là, mais la route est longue.
25.44

25.46 Sabine Stankowitz
Il y a encore six mois, si quelquâun mâavait demandé pourquoi je suis venue ici, je lui aurais tout simplement cité la beauté du paysage, le climat, mais aussi la petite note dâexotisme, comme câest souvent le cas. Aujourdâhui, je dirais que câest pour donner un sens à ma vie.
26.03

Comment cela se manifeste ?... Disons que c'est une certaine ouverture d'esprit ; tenter de savoir qui je suis vraiment, ce que je veux, où je vais. En fait, au lieu de vivre à la légère, de façon superficielle, jâessaie de profiter pleinement de la vie. 26.21

26.22 Commentaire
A la fin de la saison, dans le quartier chaud d'El Arenal, entre Andratx (prononcer Andratch) et cala Ratjada, maints rêves de soleil et de dolce vita sont rattrapés par la réalité. 26.33



26.34
Le peu de temps libre dont ils disposent, Silvia et Peter le passent sur leur
Harley. Depuis quatre ans, ils travaillent dur. Cela sâest avéré payant, mais il nâen va pas de même pour tous les Allemands. 26.44

26.48 Peter Harig
Oui... ce sont des rêves trompeurs, des illusions· La plupart du temps, les gens finissent par se réveiller au bout de quatre semaines à peine, quand ils nâont plus dâargent et sont obligés de mendier pour payer leur billet de retour. Beaucoup d'entre eux sombrent. Nous en avons déjà vu, plusieurs fois. 27.03

27.04 Commentaire
Parmi vos connaissances ? 27.05

27.05 Peter Harig
Non. Pas parmi nos amis proches. Mais ici, on voit ce qui se passe, on se connaît... 27.10

27.10 Silvia Harig
Cela se produit essentiellement en hiver, ils proposent alors leurs services pour 500 pesetas de lâheure, juste pour achter le billet de retour et pouvoir rentrer chez eux.... 27.17

27.17 Peter Harig
... Ils vendent tout ce quâils possèdent : veste en cuir, chaussures, montre 27.22

27.22
Silvia Harig
Grille-pain. . .

27.23
Peter Harig
... jâen ai même déjà vu vendre leur grille-pain, leur fer à repasser, pour avoir lâargent nécessaire au billet du retour. Ils nâont pas réussi à joindre les deux bouts. 27.29

27.34 Commentaire
Retour à Valldemossa. 27.35

27.39
Chez des amis. 27.40

27.58

José Antonio Serrano et son épouse Beatrice. Tous deux ont fait don dâune rosace à un ermitage, dans lequel ils se sont mariés il y a 30 ans. Câest Nils qui en a dessiné le sujet. Depuis longtemps déjà, son existence est intimement liée à celle de Majorquins. 28.15

28.24 Sabine Stankowitz
Tous veulent nouer des contacts, aimeraient pouvoir discuter, connaître des gens. Mais la barrière qui les sépare des autres, les Allemands nâarrivent pas à la surmonter. Et pour tous ceux qui avaient déjà des problèmes relationnels auparavant ou qui vivaient repliés sur eux-mêmes, la situation reste la même. 28.41



28.43
Nils Burwitz
Jâai des contacts avec toutes sortes de gens qui vivent ici et je n'ai pas de préférence particulière... De toute façon, on sélectionne ses amis, même chez les Allemands. Un Anglais aura honte de voir un de ses compatriotes mal se se tenir. Et bien moi, je déteste voir un Allemand mal se comporter. 29.03

29.04 Peter Harig
Au fond, on reste allemand. On ne change pas. Il faut savoir lâaccepter, tout en gardant à lâesprit que nous ne sommes pas ici chez nous. Beaucoup ont tendance à lâoublier, câest dommage. 29.15

29.18 Commentaire
Mais elle doit bien venir de quelque part, cette sensation dâéquilibre, de félicité. Peut-être les dieux sont-ils venus séjourner sur cette île. Une terre étrangère, et pourtant si famillière. Une île sur laquelle certains se sentent rois, croient avoir trouvé le paradis. Tandis que dâautres courent toujours après leur bonheur.
Mais au juste, pourquoi Majorque ?
Peut-être est-il préférable de ne pas en dévoiler le secret.
Majorque, un point câest tout.


Adaptation : 3i Traductions.
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