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HAOUSSAS
LES MARCHANDS DU NIGER
COMMENTAIRE
O.8 Les Haoussas sont dhabiles commerçants dont lactivité sétend à toute lAfrique. 0.15
0.16 Leur langue est la plus répandue dAfrique de l'Ouest. Elle sert de moyen de communication entre de nombreux peuples. 0.21
0.28 Les Haoussas sont implantés principalement dans les savanes du Niger et du Nigeria, où ils pratiquent également l'agriculture, l'élevage et lartisanat. 0.36
0.41 Au XVème siècle, l'islam fut importé dans cette région par des lettrés et des commerçants arabes. 0.46
0.47 Mais la croyance dans les esprits, l'animisme, y est restée vivace jusqu'à nos jours. 0.50
0.57 Au début de la saison sèche, on y pratique la divination par le sable, pour savoir si les pluies et les récoltes de la nouvelle année seront bonnes. 01.03
1.12 La cour des chefs traditionnels est toujours le théâtre dun vieux cérémonial islamique et de coutumes ancestrales. 1.20
2.14 Sur la route qui mène de Niamey à Zinder en passant par Maradi, nous traversons la région du GOBIR. C'est ici que se trouvait autrefois l'un des sept royaumes haoussas qui occupaient le Sud du Niger et le Nord du Nigeria actuel. 2.25
2.30. Les GOBIRAOUA, l'un des peuples dont sont issus les Haoussas, seraient venus du nord-ouest, d'un lieu au Yémen nommé GOBIR. C'étaient des guerriers à peau claire engagés comme mercenaires en Egypte, au Yémen et auprès du sultan d'Istanbul. 2.47
2.48 Selon la légende, ils auraient également servi le prophète Mahomet. 2.55
2.58 Avec la désertification progressive du Sahara, les tribus nomades berbères sont descendues vers le Sud, repoussant devant elles les populations noires qui habitaient la région, et les GOBIRAOUA dans la même foulée. C'est de la fusion de ces peuples qu'est née la civilisation haoussa. 3.18
3.37 Les récoltes sont rentrées.
Sur les marchés se déploie une grande activité. Malgré une situation économique d'ensemble peu brillante, les marchés africains sont toujours dynamiques, et tout particulièrement ceux des Haoussas, peuple rompu aux pratiques commerciales. 3.52
4.02 Les routes commerciales reliant la Méditerranée au Nigeria en passant par le Sahara existent depuis les temps les plus reculés. Routes et marchés ont toujours été un enjeu important des nombreuses guerres et des combats qui se sont livrés dans la région. 4.14
4.20 Les Touaregs, qui se nomment eux-mêmes les "maîtres du désert", vont encore aujourd'hui chercher le sel dans les oasis au Nord du Niger et le ramènent à dos de chameau sur les marchés du sud. 4.31
4.33 Pendant la saison chaude, le sel est indispensable à l'équilibre alimentaire du bétail. 4.39
4.58 Touaregs et Haoussas se sont longtemps affrontés pour le contrôle des régions désertiques du Nord du Niger, par lesquelles passaient d'importantes voies commerciales. Les fils du désert ont finalement repoussé les Haoussas vers le sud. 5.12
5.19 Ces hommes et ces femmes appartiennent à l'ethnie des Peuls, ou Fulbés [prononcer: foulbé], un peuple d'éleveurs nomades qui s'est installé dans la région des Haoussas depuis fort longtemps. Beaucoup s'y sont sédentarisés et se sont intégrés à la population. Les bergers peuls s'occupent le plus souvent du bétail des Haoussas. 5.33
6.04 Pour la construction des greniers à mil, on malaxe un mélange de terre glaise, de paille et d'eau. 6.10
6.19 Dans les villages haoussas, on trouve fréquemment des greniers à mil de forme circulaire. Ils sont construits à mains nues, ce qui nécessite une grande habileté. 6.27
7.02 Cette année, la sécheresse a épargné la région et les récoltes de mil sont abondantes, malgré des pluies diluviennes qui ont inondé certaines zones dans le sud. 7.11
7.14 Le mil constitue l'aliment de base des Nigériens. 7.17
7.23 C'est un riche commerçant qui a fait construire la mosquée de ce village. Il est né ici mais vit à présent à la ville. 7.30
7.32 Les cadeaux somptueux jouent un grand rôle dans la société haoussa. 7.36
7.37 Lorsquune famille reçoit un cadeau, à l'occasion d'un mariage par exemple, le donateur s'attend à recevoir le double en échange à l'occasion d'une de ses fêtes. 7.44
7.51 Ce village a également la chance de disposer de bornes-fontaines qui l'alimentent en eau potable. Les habitants doivent toutefois la payer. 7.58
8.08 Les tâches respectives des hommes et des femmes sont codifiées très précisément. Il n'y a que très peu de choses, comme les semailles et les moissons par exemple, quils font en commun. 8.16
8.28 Les femmes s'occupent des travaux domestiques: faire la cuisine, aller chercher de l'eau et du bois, traire le bétail. Elles veillent sur les enfants en bas âge, sur lesquels elles n'ont cependant aucun droit. En cas de divorce, et à l'âge de sept ans au plus tard, ceux-ci sont confiés à leur père, mais peuvent rendre visite à leur mère à tout moment. 8.48
9.03 Les concessions familiales sont entourées de nattes ou de murs d'argile. Un vestibule l'accueil précède normalement la cour. Mais dans ce village toutes les familles n'en disposent pas. 9.14
9.21 Très tôt, les petites filles doivent aider leur mère. Elles commencent à veiller sur leurs cadets dès l'âge de quatre ans. 9.29
9.33 La plupart des hommes ont plusieurs épouses. Dans cette famille, elles sont deux. Chaque femme a sa propre chambre. 9.40
9.42 Un coin de la cour est réservé aux animaux. Les chèvres sont le plus souvent la propriété des femmes. 9.48
9.51 Les divorces sont fréquents. Après la séparation, la femme retourne chez ses parents. Le mot haoussa pour "co-épouse" est "Kishiya", "la jalouse". 10.01
10.04 Les femmes partagent leur petite pièce avec les enfants en bas âge. A l'âge de sept ans au plus tard, filles et garçons sont séparés et placés dans d'autres pièces de la concession, ou confiés à dautres adultes de la famille. 10.15
10.18 Les filles sont données en mariage par leur père dès l'âge de 12 ou 14 ans. On craint qu'une fille plus âgée ne soppose au choix paternel. On veut également éviter ainsi les grossesses hors mariage. 10.31
10.33 Le "Mai-guida", ou maître de maison, détient un pouvoir absolu. Personne n'a le droit de pénétrer dans sa chambre sans son autorisation. Il doit subvenir aux besoins de tous les membres de la famille : nourriture, vêtements, logement. C'est lui qui arrange les mariages et choisit les noms des enfants. 10.46
10.49 Le fils du maître de maison, un enseignant, habite juste à côté. Il a également deux épouses. 10.54
10.55 La femme chez laquelle le mari passe la nuit doit s'occuper de son repas. Il le partage souvent avec d'autres hommes, mais jamais avec elle. 11.03
11.04 Une épouse haoussa ne se permettrait jamais de demander à son mari où il va lorsquil quitte la maison. 11.10
11.10 - 11.30 DIALOGUE homme/femme
homme :
11.04 D'habitude ils rentrent à cette heure-ci.
11-06 Ils ne sont pas encore rentrés ?
Normalement, l'autre devait les inscrire à l'école.
femme :
11-09 S'ils ont pris la route par la brousse... Les faire revenir à la maison, ça posera un problème !
homme :
11-12 Allez chercher les fruits du baobab !
Mais il faut les empêcher de monter sur le baobab.
femme :
11.18 Mais c'est pour éviter tout cela qu'il faut les amener à l'école.
homme :
11.21 Cest vrai.
femme :
11.24 Puisque lautre a dit qu'il va les amener aujourd'hui à lécole. On ne peut pas savoir quand ils vont revenir. Mais tout à l'heure j'ai entendu lautre t'appeler quand il demandait aux enfants daller avec lui.
homme :
11.28 Ah bon! Il les a donc trouvés ? Bravo !
COMMENTAIRE
11.49 Pendant la saison sèche, lorsqu'il n'y a pas d'activités agricoles, les hommes se consacrent à l'artisanat. Ici, ils fabriquent des calebasses décorées destinées à la vente. 11.58
12.01 Les calebasses sont de grosses courges. On les coupe en deux, les débarrasse de la chair et des pépins. Une fois quelles ont séché au soleil, on peut les travailler. 12.09
12.27 Dès leur plus jeune âge, ou dès quils ne vont plus à lécole publique ou coranique, les garçons sont entièrement confiés à la garde de leur père. Ils laccompagnent sur les marchés et sexercent aux activités artisanales. Cest ainsi quils font lapprentissage du commerce. 12.42
14.15 Nous sommes à Maradi, la métropole commerciale au sud de la République du Niger. 14.19
14.20 Cest un lieu déchange animé où se rencontrent petits et grands commerçants. Sa proximité avec la frontière du Nigeria, premier partenaire commercial du Niger, en a fait une plaque tournante de première importance. 14.31
14.34 La noix de cola est une denrée très convoitée dans tout le Sahel. Elle y tient la même place que le café ou les cigarettes chez les Européens, car elle contient de la caféine. 14.42
14.43 Le kolatier ne pousse que dans les zones côtières humides. Ses fruits ont de tout temps été une marchandise appréciée. 14.49
14.50 On les offre à loccasion des fêtes ou lors des visites de grands dignitaires. 14.55
15.06 Le transport des marchandises seffectue en camion, dans des charrettes tirées par des boeufs ou des ânes, à bicyclette ou encore, tout comme par le passé, à dos de chameau. 15.15
15.19 Cest à Maradi que se trouvent les entrepôts des grands négociants. Ce sont surtout des produits agricoles que lon exporte vers le Nigeria, car là-bas les surfaces cultivables ne suffisent plus à nourrir une population en pleine explosion démographique. 15.31
16.01 Certains commerçants de Maradi ont amassé des fortunes considérables. Leurs villas somptueuses se cachent derrière des murs élevés. Certains dentre eux ont même des mosquées privées. 16.13
16.28 Nous nous rendons chez Alhadji Gonda, dont les parents et les grands-parents vivaient déjà du commerce. Lui-même se souvient de lépoque où il sillonnait le pays avec des chameaux chargés de marchandises. A lâge de 76 ans, il est lun des négociants les plus âgés de Maradi et dispose dune grande fortune. Le bureau dans lequel il nous reçoit est dapparence plutôt modeste. 16.48
16.57 - 19.53 INTERVIEW du vieux commerçant
vieux 1 :celui qui répond aux questions
vieux 2 : celui qui pose les questions
vieux 1 :
16.57.20 Depuis notre naissance et jusqu'à notre adolescence
17.03.07 dans notre grande maison ici à Maradi
17.07.04 c'est la maison mère des commerçants depuis
17.13.18 l'époque où
17.18.00 les échanges avec les colons n'avaient pas encore commencé,
17.24.00 c'est-à-dire avant l'arrivée des Blancs.
17.29.13 Nos grands-parents sont surnommés les grands voyageurs parce qu'ils vont même à l'étranger.
17.34.15 Avant les grands départs pour l'étranger, tous les membres de la famille se réunissent pour prier ensemble.
17.45.00 C'est seulement après ce rituel qu'on prend la décision définitive du voyage d'affaires vers les pays du sud.
17.52.24 Puisque dans notre famille, de père en fils, notre travail consiste à acheter et à revendre.
17.59.00 On vend de tout : des cigarettes et beaucoup d'autres choses de première nécessité, mais je vous répète qu'ici notre grande maison
18.02.19 est le berceau du commerce dans toute la région de Maradi.
18.11.16 C'est pour cela qu'on l'appelle la maison des grands commerçants.
18.16.10 Depuis que j'ai commencé personnellement mon commerce, j'étais avec mon demi-frère qu'on appelle Gojé Nabamo. En fait, nous avons le même père.
18.22.15 Avec lui on achetait des peaux qu'on amenait au Nigeria pour les vendre.
18.31.07 A chaque fois on répétait les mêmes échanges avec une semaine d'intervalle.
18.38.18 C'est à cette période que Dieu a pris son âme.
18.42.06 Après sa mort, on a continué, mais cette fois-ci avec des grandes compagnies comme SCOA, CFAO Afrique.
18.49.08 On achète des grosses quantités pour revendre aux semi-grossistes de l'Ader, Tabotaki, Insakari ou Ibohama.
19.00.02 Bref, tous les commerçants de l'Ader viennent acheter beaucoup de choses chez nous.
19.03.11 Ils achètent soit du sucre, soit du thé, soit du tissu.
19.08.13 Ils achètent tout chez nous.
vieux 2 :
19.12.24 El hadj, combien avez-vous de femmes et d'enfants vivants actuellement que Dieu vous a donnés ?
vieux 1 :
19.18.09 Moi, j'ai vécu avec quatre femmes.
19.25.28 Depuis mon premier mariage, j'ai vécu avec quatre femmes, mais je me suis marié six fois.
19.32.20 J'ai divorcé deux fois, et parmi mes quatre autres femmes, une est décédée l'année dernière, donc il m'en reste trois maintenant.
19.38.04 Je n'ai que trois femmes maintenant.
vieux 2 :
19.42.00 Vous avez combien de fils vivants actuellement ?
vieux 1 :
19.43.00 Eh...
vieux 2 :
19.45.00 Filles et garçons, au total.
vieux 1 :
19.47.00 De filles et garçons, j'en ai une trentaine
vieux 2 :
19.51.00 Merci beaucoup.
COMMENTAIRE
20.02 Cest un grand honneur que dêtre reçu au domicile de Sani Gonda, lun des fils du vieux commerçant. 20.10
20.12 - 21.18 : 1ère possibilité
traduction du COMMENTAIRE allemand :
20.12 Sani Gonda est vêtu dun grand boubou rose richement brodé, lhabit traditionnel que portent presque tous les Haoussa. En 1984, son frère et lui ont repris les affaires de leur père, qui est aujourdhui presque aveugle. 20.27
20.37 Ils ont été formés par leur père, qui les a progressivement introduits auprès de ses partenaires commerciaux au Nigeria. Aujourd'hui, ce sont des commerçants avisés, mais ils se font toujours conseiller par lui et le consultent avant la conclusion de chaque marché. 20.51
21.08 La famille Gonda est aujourdhui riche. "Mais leurs dieux, la source de leurs richesses, se trouvent à Kano au Nigeria" a pu écrire un jour un journaliste nigérien. 21.17
20.12 - 21.18 : 2ème possibilité
traduction du DIALOGUE en haoussa
[P] : le patron
[C] : le comptable
[C] - 20.15 Pourtant je lui ai dit que j'allais à la banque pour voir le banquier.
[P] - 20.19 Oui.
[C] - 20.22 En principe il doit nous donner la deuxième partie (du crédit).
20.26 S'il y en a beaucoup, on en prendra le maximum
20.29 puisqu'il a dit qu'on est en rupture de stock.
[P] - 20.31 Mais maintenant, on peut s'approvisionner en Afrique du sud ?
[C] - 20.33 Oui ! Oui ! Ils le font en Afrique du sud
20.35 d'après notre porte-parole.
[P] - 20.39 S'il a dit ça, c'est vrai, mais je pensais que...
[C] - 20.42 Nous obtiendrons la deuxième partie du crédit aujourd'hui.
[P] - 20.44 Oui !
[C] - 20.45 C'est aujourd'hui qu'il a promis de nous donner la deuxième partie.
[P] 20.46.18 C'est bien.
[C] 20.48.10 Dès qu'on se quitte j'irai le voir, tout de suite.
[P] - 20.52 Moi ce que je sais, c'est que la réponse est identique à celle d'avant-hier.
[C] - 21.00 Il faut quand même téléphoner pour savoir ce qu'il va dire.
[P] - 21.02 Oui ! Oui ! Je ne suis pas sûr, mais ça doit être ça.
[C] - 21.04 C'est pour cela que je te dis que notre concurrent a eu une sacrée chance.
[P] - 21.07 Mais c'est normal avec tout ces va-et-vient l'autre a même pris un nouveau jeune dynamique qui reste toujours dans l'entreprise,
21.16 même pendant le mois de carême. Notre concurrent voyage pendant ce temps-là.
COMMENTAIRE
22.45 Sani Gonda a trois épouses et onze enfants. "Pour le moment", ajoute-t-il avec un sourire entendu. 22.51
22.53 En tant que femme, jai été autorisée à jeter un regard dans les appartements des épouses. Mais il nétait pas question dy filmer avec équipe de cameramen masculins. Et bien que le maître de maison nous ait expressément autorisé à filmer les femmes au jardin, elles ne voulurent pas montrer leur visage à la caméra. 23.09
23.46 Les Haoussa ont toujours été un peuple de cavaliers et le sont restés. Ceux qui en ont les moyens possèdent des chevaux dont ils se servent comme mode de transport, mais également pour prendre part, les jours de grande fête, aux parades solennelles des grands chefs traditionnels. 24.00
24.19 Zinder est une ville située à lancienne frontière du royaume du Bornou, qui occupait la rive sud du lac Tchad. Zinder a longtemps dépendu du Bornou. Au XIXème siècle, elle était un lieu de passage pour lun des plus grands chemins caravaniers du Sahara, qui servait notamment au commerce des esclaves. 24.35
24.36 Depuis 1750, le sultan y a sa résidence.
En 1856, Tanimoun, le plus célèbre sultan haoussa, fit édifier une muraille de terre qui entourait toute la ville pour la protéger contre les attaques fréquentes des Touaregs. Elle était longue de 5 kilomètres, haute de 10 mètres et avait 14 mètres dépaisseur à sa base. Elle fut construite en deux mois seulement.
On dit que lon y emmura 4 exemplaires du Coran et 3 vierges vivantes. 25.01
25.03 Aujourdhui, il nen subsiste que quelques ruines. 25.07
25.16 Tanimoun ouvrit sa ville aux commerçants étrangers : Arabes, Kanouri et pour finir même aux vieux ennemis touaregs. Il demanda à chaque communauté d'élire un représentant chargé de réclamer à toute caravane de passage des cadeaux destinés au sultan. Ce fut une époque de grande prospérité économique. 25.36
25.47 Zinder est resté une ville multi-ethnique, mais les Haoussa y sont toujours en majorité. 25.53
25.56 Les maisons aux façades richement décorées témoignent de la splendeur dantan. Aujourdhui, la plupart dentre elles sont délabrées. 26.02
26.04 Les arabesques sont une stylisation de la patte de lion, symbole de force et dénergie. 26.09
26.10 On appelle "zankos" les décorations en forme de corne sur la façade des entrées. "Sans zankos, la maison ne serait pas belle, comme un animal sans oreilles ou une vache sans cornes", nous dit un maçon haoussa. 26.21
26.24 Tanimoun conduisit également une réforme contre lanimisme, encore largement répandu à lépoque.
Ce maître dune des nombreuses écoles coraniques recopie des textes du livre sacré, que ses élèves devront apprendre par cur. 26.36
26.37 "Ceux qui obtiennent le pardon de Dieu recevront un paradis grand comme le ciel et la terre. Oubliez les infidèles. Dieu aime ceux qui font le bien. Détournez-vous des pécheurs. Priez Dieu et invoquez son nom.", est-il écrit ici. 26.49
26.51 Comme par le passé, les gardiens sont en faction devant le palais du sultan. La cour entretient toujours une administration composée denviron 80 personnes. 27.01
27.02 Ce nest pas avec les seuls subsides de l'État que le sultan pourrait mener un tel train de vie. Il est obligé de faire appel aux revenus quil tire de ses terres et du commerce. 27.10
27.14 Du haut du minaret de la mosquée située près du palais, le muezzin appelle à la prière du vendredi. 27.18
27.26 Le sultan s'y rend régulièrement.
Lors des sorties officielles, il est vêtu de lhabit de cérémonie et porte le bâton dargent, insigne de son pouvoir 27.38
27.40 au même titre que la grande épée, portée par lun de ses gardes du corps. Autrefois, cétait larme de combat des souverains. Elle symbolise aujourdhui le caractère sacré de la fonction suprême de sultan. 27.52
29.39 Le sultan est reconduit à son palais au son des tambours et des clairons des griots, qui occupent, entre autres fonctions, celle de musiciens de la cour. 29.46
30.26 Les éloges que le sultan et ses dignitaires reçoivent après presque toutes leurs apparitions officielles font partie intégrante du cérémonial de la cour. 30.35
30.37 - 30.44 SOUS-TITRES
30.37 - 31.11 fin du DIALOGUE
30.47 est fils de Manman, de Manman le Grand.
30.47.20 est fils de Manman, de Manman le Grand.
30.52.13 Grand éléphant ! Grand éléphant ! Chef des Haoussa,
31.09.05 tout le monde a peur de toi, toi tu n'as peur que de Dieu.
31.11.21 Toi tu n'as peur que de Dieu.
COMMENTAIRES
31.22 Les griots et la garde des tirailleurs, autrefois représentants dune importante armée, savancent dans la cour du palais pour rendre honneur au sultan. 31.31
32.32 - 32.46 LE SULTAN
32.33.05 Les courtisans sont au nombre de 82,
32.35.07 parmi eux il y a plusieurs niveaux.
32.40.02 Il y en a d'autres qui sont à part.
32.45.09 C'est moi qui leur verse leur salaire. Que Dieu les protège !
COMMENTAIRE
32.46 Nous avons demandé au sultan de bien vouloir nous exposer sa position actuelle, en comparaison avec celle de ses prédécesseurs. 32.51
34.58 - 35.25 SULTAN :
34.58 Maintenant tout le monde constate que le pouvoir du chef a considérablement diminué,
35.01.20 parce que le pouvoir central n'y accorde plus d'intérêt.
35.06.08 Une fois le pouvoir des chefs traditionnels diminué, tout le système a été désordonné.
35.11.15 C'est pour cela qu'on prie Dieu chaque jour, pour qu'il y ait changement dans le sens du rétablissement du vrai pouvoir des chefs.
35.17.12 Réorganiser et rétablir les pouvoirs des chefs.
35.21.00 C'est parce qu'au Nigeria on respecte ces chefferies traditionnelles que tout marche bien.
35.24.13 Aujourd'hui, au Nigeria, ce système existe encore.
COMMENTAIRE
35.37 Un village haoussa comme tant dautres dans le sud du Niger. Il a ceci de particulier que ses habitants sont des Aznas, ou Arnas. Les Arnas croient aux dieux et aux esprits. Car lislamisation du pays haoussa na pas été totale. On y pratique encore souvent un mélange danimisme et dislam. 35.57
36.02 Dans ce village, on vénère les esprits des ancêtres, auxquels on offre des sacrifices pour sattirer leur bienveillance. Plusieurs sites des environs sont consacrés à ce culte. 36.11
36.14 Dans la croyance des Azna, la nature toute entière est peuplée desprits. On fait appel à eux pour résoudre un problème, exaucer un voeu ou simplement pour leur rendre grâce. Pour sadresser aux esprits, les Azna se rendent auprès des autels qui leur sont consacrés. 36.28
36.32 A proximité de lun de ces autels, il y a détranges pierres noires. Les habitants du village ont une explication : un forgeron étranger autrefois arrivé dans le village voulait couler du fer à cet endroit. Les habitants lui dirent : non ! pas ici près des pierres sacrées ! Mais il sobstina, et son fer fut transformé en pierre. 36.55
37.22 - 39.07 DIALOGUE avec le chef animiste :
(vieux 1 : celui qui pose les questions
vieux 2 : le chef animiste)
vieux 1 :
10.37.23 Avec tous mes respects, chef des animistes, je vais vous poser quelques questions.
vieux 2 :
37.25 D'accord.
vieux 1 :
37.26 Selon vous, les animistes...
vieux 2 :
37.27 Oui...
vieux 1 :
37.28.18 Etes-vous convaincus de l'existence et de la force des esprits ?
vieux 2 :
37.31 Vous voulez que je réponde ?
vieux 1 :
37.32 Oui.
vieux 2 :
37.34 Nous sommes convaincus de leur existence et de leur efficacité.
37.36.05 Si on les respecte, ils continueront toujours à nous respecter.
37.39.13 On croit en eux, et ils croient en notre sincérité parce qu'on a confiance en eux.
37.44.09 On ne les renie pas, et eux non plus ne nous renient pas.
37.46.18 Ils ne nous quittent pas, et nous non plus on ne les quitte pas.
37.48.10 A condition que ce soient les esprits qu'on a hérités des grands-parents.
vieux 1 :
37.55.19 Où est-ce que vous les rencontrez pour leur présenter vos doléances ?
vieux 2 :
38.00 Vous voulez parler de l'endroit ?
38.03.06 C'est au bord des marigots qui sont de l'autre coté du village et que fréquentaient déjà nos parents et nos grands-parents.
38.08.21 Si les esprits ont un message urgent, c'est eux-mêmes qui viennent nous trouver pour nous transmettre l'information.
38.11.06 On peut parler longuement avec eux.
38.19.13 Il y a plusieurs autres façons de faire passer le message.
38.22.20 Donc parfois c'est à nous d'aller les voir si on a des problèmes ; et parfois c'est eux qui viennent nous informer.
38.25.11 D'habitude ils viennent eux-mêmes si l'information est urgente.
38.34.08 Le message qu'ils apportent est souvent très confidentiel.
38.38.06 Voilà en gros la réponse à ta question.
vieux 1 :
38.41.06 Est-ce qu'on retrouve parmi eux des esprits de la brousse ou de la pluie ?
vieux 2 :
38.45.00 Tous les deux existent ! C'est évident, parce qu'ils sont notre fierté.
vieux 1 :
38.49.07 Comment sont-ils ?
vieux 2 :
38.50.11 Quoi ?
vieux 1 :
38.51.02 Comment ces deux-là se présentent-ils ?
vieux 2 :
38.53.11 Ils se présentent comme je te l'avais déjà dit.
38.55.22 Ils sont l'incarnation du bien des villages.
38.59.16 C'est par eux que tout doit transiter.
vieux 1 :
39.01.16 C'est donc les mêmes esprits dont parlent les textes sacrés du Coran ?
vieux 2 :
39.02.16 Oui !
39.03.23 C'est de cela qu'il s'agit.
COMMENTAIRE
39.07 Chaque esprit Azna exige des sacrifices précis à des périodes bien déterminées. Il serait impensable de sacrifier un animal noir alors que lesprit en demande un brun. Cela attirerait la mort et le malheur sur le pays. 39.21
39.29 Un mouton doit être sacrifié sur lun des autels. Lanimal a été soigneusement choisi pour sa taille et le dessin de sa robe. 39.36
39.37 Ce sacrifice nest quune partie du rituel long et complexe qui se tient chaque année chez les Azna avant le début de la saison des cultures. La nature du sacrifice dépend des prédictions pour lannée à venir. 39.50
39.52 Près du lieu du sacrifice, il y a un arbre sacré qui abrite les esprits que lon veut apaiser. 39.58
40.05 Pour les attirer, on commence par répandre du miel sur les pierres. 40.09
40.31 Les hommes répandent le sang de lanimal égorgé sur les pierres. "De la nourriture pour les esprits", nous expliquent-ils. 40.38
40.52 La viande est ensuite grillée et consommée. On en dépose de petits morceaux sur les pierres, en offrande aux esprits. 41.00
41.08 On y place également une petite bouteille de parfum destinée à attirer les esprits et les contenter. 41.13
41.24 La place du village est préparée pour la venue des "Invulnérables". Il s'agit là dune vieille tradition haoussa. 41.30
41.45 A lorigine, les "Invulnérables" étaient les boucliers vivants du souverain. Ils affirment détenir un secret qui les protège des armes blanches et des cornes des animaux. 41.55
41.56 De nos jours, ils sont un peu comme une police de village, qui se sert de ses pouvoirs pour aider à retrouver les voleurs, par exemple. 42.03
42.04 On les trouve souvent sur les marchés ou dans les grands rassemblements, où ils se produisent pour de largent. Leurs apparitions font lobjet de toute une mise en scène. 42.13
42.14 Mais ils gardent jalousement leurs secrets, qui ne se transmettent souvent que de père en fils. 42.19
42.20 Les femmes peuvent toutefois également être initiées et devenir des "Invulnérables". 42.24
42.58 Ce petit héros vient du Nigeria. On dit que son père est un grand "Invulnérable". 43.03
43.23 Léloge de soi-même est une partie importante du spectacle, une démonstration de force. 43.28
43.28 - 44.27 SOUS-TITRES
COMMENTAIRE
44.46 Il nest pas toujours facile de faire la part du vrai et de lillusion. Toujours est-il que les couteaux brisés sont en fer massif. 44.52
45.28 - 45.35 SOUS-TITRES
46.04 - 46.28 SOUS-TITRES
46.28 Les Haoussa ont le sens du théâtral. Le chef de la troupe annonce avec force paroles quil est capable de transformer leau en feu. 46.33
47.09 - 47.17 SOUS-TITRES
47.20 - 47.55 SOUS-TITRES
COMMENTAIRE
47.57 Bon! Notre petit "Invulnérable" sest peut-être un peu surestimé ! 47.59
48.00 Pour le consoler, on lui donne une pièce de monnaie. 48.02
48.13 - 48.15 SOUS-TITRES
COMMENTAIRE
49.01 Le conseil des anciens du village, accompagné de musiciens, se réunit avec sept voyants qui vont semployer à lire lavenir dans le sable. 49.09
1ère possibilité : COMMENTAIRE
49.23 Les balafres que portent les plus âgés sur le visage indiquent à quelle tribu ils appartiennent. Ceux qui en portent 7 sur chaque côté, par exemple, sont des Goberaoua. Autrefois, ces incisions étaient effectuées sur les nouveau-nés le jour où ils recevaient leur nom. Aujourdhui, cet usage a disparu. 49.38
2ème possibilité : VIEIL HOMME QUI PARLE
49.30.05 Je vous demande un peu de respect ! Car votre chef vient d'arriver.
49.32.05 Je vous demande un peu de respect !
49.33.12 Je vous demande un peu de respect ! Je vous demande du respect !
49.35.00 Saluez-le, mais pas avec un air fatigué, mais plein dallégresse.
COMMENTAIRE
49.52 Avant de commencer, on détermine le sujet sur lequel porteront les questions.
La saison des pluies, par exemple, ou les récoltes.
Puis les devins tracent des signes dans le sable. Ils affirment que ce sont les esprits qui guident leurs mains. 50.05
50.27 Lorsque le dernier a fini, linterprétation peut commencer. Larbitre demande à chacun son résultat. Seul un initié peut comprendre les termes et les tournures employés. Toutes les personnes présentes dans le cercle savent ce qu'ils signifient. 50.44
50.46 Le chef du village a la jambe gauche posée sur un bloc de sel. Il exprime ainsi le voeu que ce bien précieux ne vienne jamais à manquer et aux hommes et aux animaux. 50.54
50.55 Traduite mot à mot, la séance de questions-réponses se déroule ainsi : 50.58
50.58 - 52.12 SOUS-TITRES
COMMENTAIRE
52.11 Mais attends ! Il ny a même pas d'événement chez lui ! 52.19
52.22 A partir des signes, le voyant doit déterminer dans quelle maison se trouve l'événement. Il peut, en effectuant des combinaisons avec les autres signes (par exemple Mareta, garçon, un Blanc) déduire la signification de l'événement. 52.35
52.38 Puis on aborde le thème suivant. 52.41
52.58 Avant chaque nouvelle série de questions, le chef du village jette du sable dans le cercle, signe que lon souhaite un événement heureux. 53.05
53.57 Seuls ceux qui ont grandi dans cette communauté et sont initiés aux secrets animistes peuvent comprendre et interpréter ce langage. 54.06
54.07 Ce qui peut nous sembler invraisemblable ou même naïf cache peut-être des vérités qui dépassent notre entendement. 54.16
Adaptation : 3 i Traductions.
| Adaptation 3i Traductions |