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IDAHO L’ ÉTAT PATATE

00.04

Venu des Montagnes Rocheuses, le vent froid d’octobre balaye la vallée aride de Snake River. Aussi, les heures sont comptées dans le Nord-Ouest de l’Amérique. 00.14

00.24

Les cultivateurs de pommes de terre de l’Idaho disposent d’à peine deux semaines pour rentrer leur récolte avant le début de l’hiver. 00.30

1.06

La vie dans l’Idaho n’a rien de romantique. Ici, l’argent pousse dans le désert — sous forme de pommes de terre. C’est tout ce qui compte. Nous sommes en Amérique. 1.15

1.23

Les fermiers de l’Idaho fournissent un tiers de la production nationale, soit à peu près 7 millions de tonnes. Une grande partie de la récolte annuelle est stockée dans d’immenses entrepôts. C’est la banque des fermiers et les pommes de terre représentent le capital. Tous attendent la hausse des prix, au printemps, quand l’offre diminue sur le marché. L’heure est alors aux spéculations. 1.42

2.14

Warren Wulf aussi transporte ses pommes de terre dans un entrepôt. Il exploite 100 hectares de la vallée de Snake River. Depuis 50 ans, il cultive la pomme de terre — la Russet Burbank exclusivement. Warren Wulf est un vieux renard : 2.30

2.32 Wulf-père

Nous avons le climat, le terrain, l’eau. C’est l’endroit idéal pour cultiver la Russet Burbank.

On les met en terre la première semaine de mai, parce que la saison de croissance varie peu. Donc on les plante la première semaine de mai et on les arrache début octobre. La période favorable à la croissance des pommes de terre se situe aux alentours de la première semaine de septembre. Mais si on perd quelques semaines au printemps, si on les plante seulement à la mi-mai, la récolte s’en ressent. Il y a quelques années, j’ai appris par hasard qu’il valait mieux les planter tôt et bien profondément. 3.30

3.32

Warren Wulf a 72 ans et donne encore un coup de main si nécessaire. Mais il préfère jouer au golf. Son fils aîné, Dave, a pris la relève. 3.43

3.50

Il a repris la ferme et a construit sa maison derrière une lisière d’arbres. 3.54

3.58

Les parents sont restés dans leur vieille maison, une ferme typique de la vallée de Snake River. 4.02

4.04

Ils ont toujours été fermiers. Il y a cent ans, le grand-père de Warren a quitté l’Allemagne pour s’installer dans l’Idaho. Les parents de sa femme, Ruth, ont perdu leur ferme dans les années 30, pendant la Grande Dépression. Warren et Ruth ont bâti eux-mêmes leur ferme. 4.18

4.22 Wulf pèreC’est une région saine, les cultures poussent bien, malgré des hivers assez rudes. On n’a pas les conditions extrêmes des côtes est et ouest, pas d’ouragans, etc. Rien de catastrophique. On vit dans les montagnes, l’air est pur... C’est un endroit où il fait bon vivre, surtout si on est dans l’agriculture. 5.07

5.08 Wulf Mère

Nous avons un climat plus frais, des nuits plus fraîches. Et c’est pour cela que nos pommes de terre sont bonnes. Mais ce n’est pas l’idéal pour les tomates ou le maïs et toutes les plantes qui aiment la chaleur. Alors voilà, on a beaucoup d’avantages et quelques inconvénients, mais c’est ainsi. 5.30

5.31

Ils ont deux fils : Dave et Charly. Charly fait ses études à Salt Lake City. Pour Dave, la vie de fermier est moins pénible qu’au temps de ses parents. Warren et Ruth se sont tirés d’affaire. Ils ont commencé avec 20 hectares — aujourd’hui, ils en possèdent 100 et n’ont plus de dettes. 5.47

5.53 Wulf Mère

On les ramassait à la main, on n’avait pas de machines à l’époque. Donc, on les mettait dans des paniers, puis dans des sacs. Ensuite quelqu’un d’autre était obligé de venir les charger sur les camions... 6.06

6.07 Wulf Père

Moi, par exemple... 6.09

6.10 Wulf Mère

Toi... ou plusieurs gars comme toi. Il fallait mettre les pommes de terre dans une cave, les placer sur un petit gerbeur - aujourd’hui ces engins sont trois fois plus gros, et ils peuvent porter trois à cinq fois plus de pommes de terre. Vous vous rendez compte ? Maintenant, en une journée, on récolte tellement plus. On n’aurait jamais pu imaginer ça à l’époque. 6.32

6.34 Wulf Père

Oui, en ce temps-là, on fournissait plus de travail pour cultiver 25 ou 30 hectares que pour en faire 100 aujourd’hui. Tout se fait mécaniquement... Un seul camion a déjà une puissance de 205 chevaux. On n’avait rien de comparable alors... Et tout notre équipement... Enfin, tout était comme ça. 6.56

6.59

Les entrepôts ont toutefois permis d’accroître la rentabilité. On a placé des tubes percés entre les pommes de terre. Grâce à ces tubes, l’air circule entre les tubercules ; ainsi, on peut régler la température à l’intérieur des entrepôts. Les pommes de terre peuvent tenir plus de 6 mois maintenant. De petits fermiers, ils sont devenus stratèges du marché. Mais les risques sont élevés. A la moindre négligence, on peut très bien se retrouver avec des tonnes de Russet Burbanks pourries sur les bras. 7.25

7.32 Dave Wulf

On veut être sûr de ne pas avoir trop de pommes de terres pourries quand on les stocke - en général, il n’y en a pas beaucoup, mais on préfère éviter d’introduire des saletés. Vous avez vu les tuyaux en dessous ? C’est pour l’humidité et l’air - il y a un humidificateur ici et l'on s’assure simplement que l’humidité reste constante. Je vérifie tous les deux - trois jours. De plus, il faut toujours varier le taux d’humidité, il faut qu’il soit assez haut, mais pas trop non plus. Quand il est trop haut, les pommes de terre pourrissent, trop bas, elles ne se gardent pas bien, elles s’abîment et on ne peut plus les vendre. Donc il faut surveiller la température, et je la maintiens à 3 - 4 degrés. 8.15

8.18

La vallée de Snake River — située au sud-est de l’Idaho - est désertique. Les champs de pommes de terre avoisinent des dunes immenses. Le sol sablonneux est idéal pour la culture. Il chauffe vite au soleil et se refroidit aussi vite à la nuit tombée. La Russet Burbank apprécie beaucoup. 8.35

8.40

Sans eau, ce désert serait stérile. Mais le Snake River et ses affluents traversent la vallée. Ce sont des réserves presque intarissables pour l’irrigation des champs. 8.52

9.10

La Russet est la plus assoiffée des pommes de terre. Elle doit boire sans arrêt. Mike, le fils de Dave, veille sur les installations d’arrosage. On les fait tourner sur les champs, grâce à un moteur qui actionne un ressort spiral. 9.27

9.48 Wulf Père

Il y a eu tant d’améliorations, les graines sont vraiment de meilleure qualité, grâce aux techniques modernes. Il y a des progrès quasiment d’une année sur l’autre. Je me souviens, dans les années 40 - 50, on plantait 20 sacs à l’hectare. Aujourd’hui on en est à 40. Il y a toujours de nouveaux progrès dans l’agriculture. 10.27

10.50 Wulf Père

Un agriculteur fait ce qu’il doit faire au moment où il faut. Il doit savoir quoi et quand. C’est comme ça. 11.00

11.01 Wulf Mère

Pendant bien des années, on n’a rien gagné à cause du prix de la pomme de terre, qui changeait constamment... Et c’est encore ainsi aujourd’hui... Les prix varient sans cesse. 11.15

11.30 Wulf Mère

On a pas mal de vent par ici. Ça souffle sans arrêt : vous avez remarqué, nos arbres penchent tous un peu de côté...

On a beaucoup de périodes calmes, mais on a aussi pas mal de jours qui décoiffent, comme on dit. 11.48

12.06

Les Wulf ne peuvent pas employer de personnel. Leur ferme est trop petite. Dave fait seul tout le travail. 12.14

12.32 Dave

On a eu une mauvaise récolte l’an dernier. J’ai fait une moyenne de 3 dollars le quintal... Et seulement 68 cents pour mes pommes de terre vendues sur le marché. C’était pire que tout. Une catastrophe. Et le prix varie beaucoup, comme tous les ans. Souvent on atteint seulement 2 dollars et demi. Soit une perte de 1 dollar et demi par quintal. Sur une récolte de 6500 tonnes, le manque à gagner est énorme. On ne tient pas longtemps à ce rythme-là. 13.06

13.07 Wulf Père

Ou vous gagnez des millions, ou vous en tirez juste de quoi vivre... Je ne suis pas particulièrement heureux dans une bonne année. Bien sûr, je me sens mieux, mais si l’année est mauvaise, ce n’est pas la fin du monde. On sait bien que les choses s’équilibrent. Les bonnes années compensent les mauvaises. 13.38

14.11

Pause pendant la récolte. Pour ces deux semaines, Dave engage toujours 5 à 6 personnes supplémentaires. Chacun doit mettre la main à la pâte. Les jeunes sont en vacances car les autorités leur accordent un congé exceptionnel. Le temps presse. 14.26

14.31 Dave

Ici, on fait de la Russet Burbank. Parfaite pour la consommation telle quelle ou pour les produits transformés... Les deux. Elle est plus difficile à cultiver parce qu’elle ne pousse pas toute lisse et régulière. Vous les avez vues, là, dans le seau, il y a un certain nombre de grosses protubérances : ce sont des réactions à l’eau, au fertilisant, à la température extérieure - elles y sont très sensibles. Donc en général, elles ne sont pas d’une régularité parfaite. Dans une très bonne récolte de Russet Burbank, on doit trouver environ 60 % de pommes de terre dites de "première catégorie". 15.06

15.10

Dave et ses hommes travaillent 12 heures par jour. Ils doivent déterrer 3000 tonnes de pommes de terre en 2 semaines. A 4 dollars le quintal, Dave fait un bénéfice de 30 000 dollars. A 3 dollars le quintal, il est perdant. Il peut compenser grâce aux pommes de terre de conservation stockées dans l’entrepôt. Il les vend à un prix plus élevé, au moment où elles se raréfient sur le marché. C’est à la fois un risque et une sécurité. 15.41

15.46 Dave

Cette année, nous allons certainement atteindre 100 % de nos besoins. L’offre sera équivalente à la demande. Nous pourrons donc maintenir un assez bon prix - peut-être pas gagner énormément d’argent, mais on obtiendra un prix forfaitaire. Un forfait qui couvrira nos dépenses et nous assurera un bénéfice intéressant. 16.11

16.26

Les fermiers "tuent" les champs 3 semaines avant la récolte- autrement dit, ils détruisent les fanes. Ainsi, les substances nutritives restent dans le tubercule et rendent la peau de la Russet plus épaisse. Un énorme avantage pour le stockage. 16.41

16.46

Dans les grandes fermes, on utilise des avions. Les fermiers pulvérisent des produits chimiques sur les champs. Les fanes sont détruites en 2 jours. Le labourage n’est pas rentable dans l’agro-industrie. Les champs sont beaucoup trop vastes. 17.02

17.15

Les champs "morts" de la vallée de Snake River peu de temps avant la récolte. Ils ont l’air d’avoir subi une invasion d’insectes. 17.24

17.29 Dave

Vers la mi-juillet, on sait combien d’hectares ont été plantés aux États-Unis. A la mi-novembre, on a les estimations du volume de pommes de terre cultivées. Ces chiffres nous donnent des indications concernant la hausse des prix. On surveille l’évolution de la récolte chaque mois - on peut alors déterminer ce qui va se passer. Quand la récolte est insuffisante, les prix augmentent toujours vers la fin du printemps. Quand la récolte est trop importante, en général, ils tombent au plus bas et ne remontent pas. Mais il faut continuer à surveiller le marché et à réajuster le prix tous les mois. Il faut prévoir... Parce que 30 à 40 % de nos pommes de terre sont des pommes de terre de conservation. 18.20

18.44

Dans l’Idaho, l’agriculture est industrialisée. L’amour du terroir a disparu. La production de ce sol désertique constitue l’enjeu d’une véritable partie de poker sur le marché. Le fermier de l’Idaho est un malin. 19.00

19.25

L’Idaho a une population majoritairement blanche. Un million d’habitants sur un territoire grand comme l’Italie. L’Idaho est fortement républicain — ce sont les plus conservateurs. Ici, l’Amérique bien pensante a trouvé refuge. Leur devise : l’Idaho est le dernier bastion de l’Amérique d’autrefois. 19.45

20.34

Blackfoot, une ville de 3000 âmes, plaque tournante de la culture de pommes de terre de la vallée de Snake River. 20.40

21.03

Les maisons et les saloons sont parfaitement alignés les uns à côté des autres comme la cavalerie à l’appel du matin. 21.09

21.24

Sur l’initiative d’une association féminine, l’ancienne gare de la Compagnie de chemins de fer Union Pacific est devenue le musée de cette capitale mondiale de la patate. Quelques photos, de vieux sacs de pommes de terre et de vieux outils. C’est presque tout... Il y a aussi une affiche publicitaire de Marilyn Monroe placardée sur le mur. Marilyn a fait de la publicité pour la pomme de terre de l’Idaho au début des années 50. 21.50

22.02

A Aberdeen, à 80 kilomètres de Blackfoot, le centre de recherches sur la pomme de terre de l’université de l’Idaho. 22.09

22.27

Les chercheurs mettent au point de nouvelles variétés dans les serres de l’institut. Cependant, ils ne touchent pas à la Russet Burbank, la pomme de terre fétiche de la région. Ils peuvent tout au plus améliorer la variété. On commettrait un sacrilège si d’aventure on tentait d’introduire une autre variété dans la vallée de Snake River. 22.49

22.53

Joe Pavek dirige le centre de recherches. C’est le pape américain de la pomme de terre. 22.57

22.58 Joe Pavek

Pour l’instant, notre but principal est de rendre les variétés de type Russet Burbank résistantes au mildiou de la pomme de terre. C’est un défi : ce sont les pommes de terre arrondies à chair jaune ou blanche qui résistent au mildiou, et il faudra plusieurs étapes avant de parvenir au même résultat avec la Russet Burbank sans qu’elle y perde sa forme et sa qualité. On procède d’abord à des croisements, au niveau de la fleur. Grâce à la pollinisation, on obtient un fruit - qui ressemble à une petite tomate - et quand les fruits sont mûrs, on obtient les graines. Voilà comment naît une nouvelle variété. 23.52

23.56

Les nouvelles variétés sont soigneusement triées et cataloguées par type et par grosseur. On teste leurs qualités sur les champs d’expérimentation du centre. Il faudra bien 15 ans avant de mettre sur le marché une nouvelle variété de Russet. 24.11

24.18 Joe Pavek

La chair doit être blanche et uniforme, bien ferme jusqu’au centre, avoir une bonne densité relative, un fort pourcentage de matière sèche : 22 ou 23 %. Peu de sucre, pour que l’on puisse transformer les pommes de terre même après les avoir stockées. Quand il y a trop de sucre, les frites sont noires et personne n’en veut. Il faut également une uniformité d’une pomme de terre à l’autre. Sinon, les usines qui l’utilisent comme matière première n’obtiendraient jamais deux produits identiques, or ils doivent être identiques. 25.04

25.20

Dans le laboratoire du département Frites, le docteur Mélanie Ross contrôle les nouvelles variétés destinées aux chaînes de fast-food. Des milliers de pommes de terre passeront dans le bain d’huile bouillant du docteur Ross, avant de recevoir le label de qualité de la restauration rapide. 25.34

25.38

On définit des critères d’aspect et de goût bien précis. Mélanie Ross teste une variété pendant 10 ans avant de la proposer aux filiales de McDonalds. 25.47

26.10

Sur le chemin du retour vers Blackfoot... au milieu des champs, " the craters of the moon ", les cratères de la lune. Il y a 200 ans, la Terre s’est crevassée et a craché de la lave. Aujourd’hui, ces cratères sont classés monuments historiques. Les astronautes américains ont simulé ici leur premier alunissage. 26.31

26.54

Le laboratoire de Miles Willard se trouve à quelques kilomètres des " cratères de la lune ". 26.59

27.09

Le laboratoire est une cuisine de sorcière où l’on invente des amuse-gueules. Ici, on élabore des recettes, on met au point des procédés de production, entièrement automatisés, pour les grands groupes de l’industrie alimentaire. Les chips ou les nachos sont constitués de flocons de pommes de terre, fabriqués à partir de patates cuites et déshydratées. En y ajoutant des produits chimiques et des épices, on obtient la matière première de nombreux amuse-gueules. 27.56

28.00

Les flocons de pommes de terre sont évidemment fabriqués dans l’Idaho à partir de la Russet Burbank. On utilise pour cela des tubercules de second choix. 28.10

28.30

Le laboratoire gagne de l’argent grâce aux brevets. Ils sont tous enregistrés au nom de Miles Willard. C’est un pionnier de l’industrie de la patate et un spécialiste des flocons. Le milliardaire est une figure légendaire du commerce des amuse-gueules. Il a réussi un coup de génie voilà 40 ans : il a inventé un amuse-gueule, encore très apprécié dans le monde aujourd’hui. Miles Willard au sujet de sa découverte. 28.52

28.53 Miles

Je me trouvais à Washington pour un congrès de chimistes céréalistes. Un ami anglais était également présent. Nous étions en train de nager dans la piscine d’un grand hôtel, quand il me dit tout d’un coup :

"Miles, je viens de penser à quelque chose. Ces carrés, enfin, ces trucs rectangulaires que tu nous envoies, ils ne sont pas terribles, tu ne pourrais pas leur donner une forme cylindrique ?" "Cylindrique ? je lui dis. Mais comment je pourrais faire ça ?" " Oh, tu y arriveras...", il m’a répondu. Alors j’ai créé un cylindre comme ça : le petit cylindre en pâte de pomme de terre ressort par ici et il est plongé dans l’huile chaude. Bon sang, c’était tellement facile. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi personne ne l’avait fait plus tôt. Ces amuse-gueules rencontrent un grand succès partout dans le monde. Au Japon, au Moyen-Orient, en Corée, en Allemagne, en Iran. Et tout le monde les fait de la même façon : avec des pommes de terre. Sur toute la planète. Un jour, deux britanniques sont venus me voir au bureau car ils en avaient entendu parler. Ils m’ont demandé s’ils pouvaient emmener ces petites choses rondes avec eux en Angleterre, parce qu’une grande société venait de se créer - c’était la United Biscuit - et qu’ils avaient un contrat pour moi. J’ai signé ce contrat et tout s’est merveilleusement bien passé. C’était un rêve, j’ai bu une délicieuse bouteille de riesling - et j’en bois souvent, j’adore le vin. C’est exactement de cette façon que cela s’est passé. Je peux dire qu’il n’y a rien de... je ne l’ai pas vu venir, tout d’un coup, tout était là. Et voilà pourquoi je fais tout ça... 31.24

31.47

La fête annuelle de la patate à Shelley, une commune voisine de Blackfoot. Le défilé des personnalités locales dans la rue principale. 31.55

32.00

En tête : Miss Russet Idaho 1997. Derrière elle, ses dauphines. 32.07

32.15

Janel Esplin - miss Idaho junior - est aussi de la fête. 32.19

32.30

L’ orchestre des jeunes de Blackfoot. 32.33

33.04

Et bien sûr les jeunes gens de la garde nationale dans leurs blindés. 33.07

33.10

Pour finir, la voiture-balai. 33.12

33.19

La place des fêtes : de longues queues devant le stand de pommes de terre au four. Les pommes de terre en robe des champs à la crème sont gratuites. Un cadeau de l’association des fermières. 33.27

33.50

Il y a aussi d’autres stands. 33.52

34.28

Un mélangeur à ciment rempli de purée de pommes de terre. Les préparatifs pour l’attraction principale de ces journées de la patate : le championnat de lutte à la corde. 34.37

34.48

Le spectacle commence. A la grande joie des spectateurs, le perdant tombe dans un trou plein de purée. 34.54

35.30

La coupe tant convoitée de ce championnat est offerte aux vainqueurs. 35.34

35.55

Les jeunes de la localité pataugent quelques instants dans la purée. Ainsi se terminent cette année les journées de la patate. 36.02

36.15

L’usine d’emballage de l'industriel Bud Larsen, numéro deux de l'industrie de la pomme de terre aux Etats-Unis. 36.20

36.26

Pendant la récolte, des douzaines de camions transportent quotidiennement les pommes de terre directement du champ à l’usine. 36.31

36.50

Ici, tout est automatisé. 36.52

37.10

Les pommes de terre sont lavées puis triées suivant différents traitements selon leur grosseur et leur qualité. 37.16

37.34

Ron Oberlander, le courtier en chef de Larsen, commente le déroulement de la production. 37.39

37.41 Ron Oberlander

Les agriculteurs fournissent le produit brut et il passe ensuite par nos usines. Les pommes de terre arrivent sales, avec des cailloux, et si certaines sont excellentes, d’autres sont inutilisables, nous devons donc les trier, faire attention à chaque produit, et les préparer à la livraison. On a donc plusieurs étapes successives. 754 personnes travaillent ici sur ces pommes de terre, toutes veillent à ce que le produit fini corresponde exactement au désir du consommateur. 38.08

38.12

Les pommes de terres sont triées et retriées sur d’interminables tapis roulants jusqu’à ce que chacune d’elles soit à sa place. 38.19

38.28

On utilise des technologies de pointe. Chaque pomme de terre passe aux rayons X. La présence d’un point blanc au centre permet à l’employée de repérer les tubercules imparfaits sur son écran. Elle les marque à l’aide d’un crayon optique. Le tubercule défectueux sera écarté automatiquement. 38.45

39.06 Ron Oberlander

Le temps représente le problème majeur de l’industrie de la pomme de terre. Quand le printemps est très humide, on ne peut pas accéder aux champs pour la récolte, à cause de la boue, et tout est retardé. Comme tout produit qui a besoin de soleil, il faut de la chaleur. Et si l’été est frais et humide, les pommes de terre ne poussent pas - on n’obtient pas ces grosses pommes de terre caractéristiques de l’Idaho. Certaines pommes de terre de l’Idaho sont grosses comme ça, et d’autres comme ça - tout le monde veut les plus grosses, mais pour un tel résultat, il faut une longue période de croissance. Et il y a les maladies... la brûlure tardive, la brûlure hâtive de la pomme de terre, et les insectes, ainsi que les maladies provenant d’autres Etats. Comme dans les industries produisant des agrumes ou des salades, les choses de ce genre - on peut attraper des saletés d’un peu partout. Pour cultiver des pommes de terre, il faut s’en occuper chaque jour, il faut leur mettre de l’insecticide, rajouter des substances nutritives d’un côté, du fertilisant de l’autre, c’est très difficile. Il est beaucoup plus facile de cultiver des céréales que des pommes de terre. 40.14

40.20

Le déchargement et l’emballage des pommes de terre durent deux heures en tout. Puis, elles sont prêtes à être transportées aux quatre coins de l’Amérique. C’est maintenant au courtier de jouer. Les recettes de la récolte vont dépendre de lui. 40.35

40.40 Ron Oberlander

On n’a aucune idée du prix quand on arrive au bureau à 5 heures le matin. On ne sait pas du tout où on va se situer. On doit en discuter autour d’une table avec d’autres personnes, d’autres grossistes, on est en contact avec des clients dans tout le pays, et ils nous donnent une première idée du prix à demander. On en parle également avec d’autres courtiers, qui nous font connaître leurs propres tarifs. Ensuite on arrive à un prix de départ que l’on espère obtenir. Ça marche ainsi. Si ça ne marche pas, on baisse de 25 cents. En fait, on compte toujours en quart de dollar. On baisse de 25 cents, on augmente de 25 cents. Sur une cargaison, ça représente pas mal d’argent. Quelque chose comme 106 $ par cargaison. 25 cents de plus au quintal, c’est bon pour le courtier. Et comme c’est le courtier qui paye l’agriculteur... Si on gagne de l’argent sur les pommes de terre, le producteur en gagne aussi, et s’il n’en gagne pas, c’est pareil pour le producteur. 41.32

41.48

Il fait froid dans l’Idaho. Les champs sont déserts. Le vent glacial venant des montagnes fait tournoyer le sable. Il ne va pas tarder à neiger. C’est l’époque de l’attente et de l’espoir : attente d’une hausse des prix, espoir d’une meilleure saison à venir. 42.22

 

 

 

Adaptation : 3i Traductions.

Adaptation   3i Traductions