1.10
"Ici, c'est comme des vacances", disent souvent les musiciens de jazz qui viennent à Pori. Et en 34 ans, plusieurs milliers ont joué ici, près de la côte ouest de la Finlande, pour l'un des festivals de jazz les plus réputés et les plus décontractés de toute l'Europe : Pori Jazz.
En voici un avant-goût. 01.33
(Musique)
3.58
Les Finlandais aiment visiblement les festivals, d'où leur nombre important. Mais celui-ci est vraiment particulier. 100 000 personnes viennent chaque année à Pori pas seulement pour la musique. 04.12
4.13
Les gens viennent en premier lieu pour l'atmosphère. Comme vous le voyez, on vient ici en famille ou avec des amis. D'abord pour l'atmosphère !
4.27
Ils ont vraiment fait du bon travail pour organiser tout ça. C'est une longue histoire, 34 ans, et c'est devenu une sorte de tradition pour de nombreuses familles. Il suffit de voir tous ces enfants, la deuxième génération de fans. Je pense que cela va vraiment donner une deuxième génération d'amateurs de jazz.
4.50
- Diriez-vous que vous êtes vraiment une fan de jazz ?
- Non. Mais j'aime beaucoup l'atmosphère qui règne ici. C'est vraiment bien.
(Musique)
7.26
Pori Jazz, ce sont deux semaines de fête populaire, 150 concerts répartis sur une douzaine de scènes, de la musique pratiquement non-stop. 7.35
7.40
De la grande scène de plein air pouvant accueillir plusieurs dizaines de milliers de personnes et du chapiteau de cirque aux clubs enfumés et aux immenses halles industrielles. De la pop jazzy pour le plus grand nombre au free jazz pour les puristes. Il suffit de trouver la bonne scène. 7.56
8.34
Et si on en veut encore plus, d'innombrables musiciens animent également les rues de la ville. Mais on ne joue pas uniquement du jazz. 08.40
(Musique)
10.08
Au milieu des années 60, quand Jirki Kangas a eu l'idée de faire venir les stars du jazz à Pori, il n'imaginait pas que, 34 ans plus tard, son festival ne lui laisserait plus une minute de libre. 10.21
10.23 Jyrki Kangas
C'est comme beaucoup d'autres choses dans la vie. Quand quelque chose devient trop gros, il faut le couper en plus petites unités qui deviendront relativement indépendantes.
Nous menons cet énorme projet chaque année et nous faisons les mêmes erreurs année après année - depuis 34 ans. Parce que les gens peuvent changer, on oublie vite ce qu'on a appris, ou bien quelqu'un d'autre a pris le relais.
Nous essayons de faire plaisir aux musiciens et de les traiter du mieux possible. Il serait plus facile de faire venir les gens en mettant simplement de l'argent sur la table. Mais ce n'est pas notre conception. Nous formons une famille et nous essayons d'accueillir chaque artiste comme un nouveau membre de la famille.
Ils nous témoignent une grande confiance. Du genre : On n'a pas besoin de contrat, ou bien : Payez-nous ce que vous voulez.
Quelqu'un m'a demandé aujourd'hui si c'était bien de travailler pour son hobby favori. Bien sûr, c'est formidable ! C'est la plus belle chose que je puisse imaginer.
(Musique)
13.39
Lors de la première édition, en 1966, on pouvait encore serrer la main non seulement des musiciens, mais aussi des invités. Pour un jazz-band new-yorkais, l'idée de traverser l'Atlantique pour jouer ici devait paraître un peu exotique. 13.57
14.01 Timo Viljanen
Il était difficile de faire venir les artistes, car ils savaient que nous étions très loin à l'Est. Ils ignoraient en fait s'il y avait une différence entre nos voisins et nous. Leurs femmes leur disaient : Sois gentil, ramène quelque chose de Finlande, du cristal par exemple. Ils pensaient que nous n'avions pas l'électricité, pas d'amplis rien de ce genre. C'était donc vraiment difficile.
15.00
C'est dans ces bureaux qu'est organisé tout le festival, des sandwiches jusqu'aux desiderata les plus particuliers des batteurs.
15.09
15.20
La plupart des employés sont des bénévoles de Pori. Généralement, ils n'arrivent même pas à assister aux concerts pour lesquels ils travaillent. 15.30
(Musique)
18.58
Danny Lerman, saxophoniste de Chicago, sur le marché de Pori à la recherche d'un petit-déjeuner qui lui ferait passer sa gueule de bois. 19.06
19.13 Danny Lerman
- J'ai donné trois concerts en un jour. Hier, j'ai joué au Kansas Garden avec Franz Wiringa, puis avec le Spirit of Life Ensemble de New York. Ensuite j'ai joué au Café Jazz avec Judy Farrow, et on ne sait jamais jusqu'où vont aller les choses. Et puis Robben Ford est monté sur scène la nuit dernière. C'était super.
-Vous jouiez avec tous ces gens pour la première fois, sans répétition ?
- Oui, sans répétition. On vous montre la partition et on vous dit : Allez, joue. C'est ce qui fait l'essence du jazz. Créer en suivant son inspiration. On n'a même pas le temps d'y penser, c'est ce qu'il y a de bien.
(Musique)
(Musique)
23.58
Voici Mika Mylläri, le trompettiste de jazz le plus connu de Finlande, et son fils un batteur qui promet. 24.04
24.12 Mika Mylläri
C'est une atmosphère très spéciale, vraiment très intéressante. D'abord, il y a tout l'héritage d'un grand festival international. Et puis à Pori, les gens contribuent à créer cette atmosphère par leur honnêteté un état d'esprit qui pousse à ne jamais renoncer, c'est très important.
(Musique)
25.07
Pori est un lieu peu banal pour un tel festival. On s'en rend compte soudain quand tout d'un coup, au milieu de coulisses sinon bien gardées, on rencontre un troupeau de vaches. De vraies vacances pour les jazz-bands ! 25.19
25.33 Jyrki Kangas
La particularité de ce festival réside en fait dans le lieu, la ville, toutes les salles de concert sont très proches les unes des autres. L'atmosphère du festival vient du public, car les gens peuvent se voir, se sentir, sentir l'odeur des plats vendus un peu partout. Ils viennent chercher un monde différent, un monde qu'ils ne trouveront pas en Finlande le reste de l'année. Je ne connais aucune autre ville d'Europe où un festival de jazz offre autant de possibilités.