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8215
TAM-TAM
OU LE COEUR BATTANT DU DANSEUR.
Malang Demba. Un griot d'Afrique occidentale.
(
2.14 À 2.42 SOUS-TITRES
0215 Malang:
(Fin diang) Regarde,
éfouaouène ils vont arroser
Thiabaya les oignons
Toubali gnomia et le maïs.
Enfant:
Baobab khibakékhia / khimégha meghmé:
Il y a beaucoup de baobabs ici.
Malang:
( Aloudjlou) Regarde
Toag éfoukhine c'est ici qu'on va planter les
oignons et
oubouwéna ensuite on orrose
oubouwéna on arrose..
Toga éfoukhine: Voilà ce qu'on va faire à la maison et
là ténouf ensuite on va arroser
abondamment.
Nathiouga / n'gakouguiapé / abouloudji
On vient ici pour que tu vois
tout cela;,
akatiméhi / fagnanghé i hinou
pour que tu sois éveillé.
Écolia apiyayolo apihine abouhini
Tu vas à l'école pour apprendre
et connaître des choses.
5.42 Malang : Les animaux, les danses, tout est bon.
Les haches, les danses, tout est bon.
Les coupe-coupe, les danses, tout est bon.
Tout cela existe sur terre. Nous pensons que tout cela existe dans nos coutumes.
Tout cela est le rythme, un rythme agréable.
Quand on voit quelqu'un danser, c'est qu'il est heureux. Quand on entend les percussions on est tous en transe et on ne peut pas rester assis.
6.22 Commentaire :
L'homme au tam-tam s'appelle Malang Demba. Il est pêcheur et cultive le riz, mais il est avant tout Griot, une sorte de maître de cérémonies.
6.39 Com. :
Malang vit avec sa famille dans une région très fertile d'Afrique occidentale: la Casamance, située au sud du Sénégal, en zone tropicale.
6.56 Com. :
Maintenant, vers la fin de la saison sèche, les travaux agricoles se font rares. Les mangues ne sont pas encore mûres, on récolte seulement les noix de cajou.
7.10 Com. :
Malang et sa femme, " Mamma Kaddi ", ont deux enfants : le petit Samba et Idi, l'aîné. Ils vont tous deux à l'école du village. Mais l'essentiel, ils l'apprennent à la maison, dans leur vie quotidienne. Comme leur père, ils veulent un jour devenir griots .
7.28 Com. :
Lorsque Malang a le temps, il fabrique aussi des tam-tams. Les griots comme Malang sont des musiciens, au sens large du terme. Ainsi, Malang est à la fois joueur de tam-tam, danseur, conteur, et surtout maître de cérémonies.
8. 16 Com. :
Le tam-tam qui prend forme ici est un djembe [Dyèmbé] que l'on bat à la main. Il ressemble à une amphore.
8.23 Com. :
Malang Demba a également construit lui-même sa maison. Dans le village de Kafountine, sur la terre familiale, vivent aussi beaucoup d'autres membres de sa grande famille.
Les Demba font partie des familles aux traditions les plus riches de Kafountine. Ils font preuve d'une très grande solidarité.
8.54 Malang: Il y a longtemps, à Kafountine, existait une clôture avec une porte ici et une porte là. A l'époque, le village n'avait pas de nom. Si on posait la question à quelqu'un du village : D'où viens-tu? et s'il répondait "Kafoutine" on lui demandait systématiquement où c'était. On disait: "Notre village est entouré par une clôture. Il y a deux portes d'accès." On y entrait par ici et on en sortait par là : Voilà la signification de Kafountine "entrer et sortir".
09 35 Tu peux envoyer quelqu'un à Kafountine et lui dire de venir me voir sans problème. Il pourra rester chez moi. Je n'ai pas grand chose mais je peux offrir mon hospitalité. Si Dieu le veut celui que tu envoies aura de la chance. En effet quand il sera arrivé nous resterons ensemble jusqu'à ce que ses affaires commencent à bien marcher. Il pourra trouver du travail. Mon grand-père s'appelait Amara Demba.
10.18 Com. :
Le griot Malang est convaincu de détenir les mêmes pouvoirs magiques que son ancêtre Amara. Il existe plusieurs lieux sacrés sur son terrain.
10.34 Malang :
Ici, il y a de l'espace. Quand il n'y a pas assez d'eau pour les champs, les femmes viennent prier là. (10:44) Par ici on sacrifie les boeufs. On fait comme ça. Pour les poulets, c'est la tête, pour les moutons on prend le meilleur morceau.
10.56 Com. :
Demba, le père de Malang, vit avec lui.
11:02- 11:53 sous-titres
11.07 Malang : Bonjour !
11.15 Père : Bonjour ! Tu es venu.
Malang : Oui !
Père : Je suis en train de faire du thé. Prends ce plateau et continues.
Père : Tu rentres du travail ?
Malang: Oui. Le travail ça va.
Père: Regarde, le kankouran a mis son fétiche sur le manguier. On ne peut pas te donner de mangues. (11.22)
Malang: ... le kankouran a mis son fétiche sur le manguier...
11:24 Père: Autrefois, pendant les travaux champêtres, les vieux se réveillaient très tôt, réveillaient les jeunes. Mais ils ne devaient pas les précéder aux champs. (11:32)
11:32 Père: Si les vieux arrivaient les premiers, il frappaient les jeunes. (11:37)
11:37 Malang: ... arrivaient les premiers, ils frappaient les jeunes ... (11:41)
11:42 Père: Ce n'est pas seulement la coutume d'autrefois, mais moi je le pense aussi.
11:53 Malang: Badou ! Badou !
12. 04 Com. :
La saison sèche est la seule période durant laquelle Malang reste un certain temps auprès des siens. Sinon, ses activités de griot le mènent fréquemment sur les chemins.
12.13 Mamma Kaddi : Tu vois, c'est moi qui ai cousu ceci. Cela aussi. Comment cela s'appelle déjà ... ? Je ne m'en souviens plus. Où est Malang ?
12:23 idem : Regarde voici une case, là une noix de coco avec la lune et aussi une route. C'est moi qui ai confectionné tout cela.
12:46 idem : Avant son départ, je l'habille pour la cérémonie. 12:51
12:59: Malang: Habits, habits... Tu trouves ça joli... Mais je suis content quand même. J'ai vu ton travail, ah, il est très joli (rires)
13:11 Malang: Ce qu'elle fait, beaucoup d'autres femmes le font aussi dans d'autres villages. Il y a beaucoup d'autres femmes qui aident ainsi leurs maris.
13:13 Malang: C'est elle qui a confectionné tout cela.
13:16 Malang: Elle lave, elle repasse, elle plie les tenues.
Parfois, elle ne me les donne pas. Dans ce cas, quand je veux partir, elle me dit: "Non, tu ne pars pas". 13:24 " Parce que les gens qui te sollicitent ce soir ne représentent rien pour toi ! Donc, tu ne pars pas ! (13:28)
13.33 Com. :
Malang voyage souvent en bateau pour exercer son métier de griot. Ici, à l'embouchure du fleuve Casamance, il a déjà travaillé comme passeur.
Jusqu'au tournant du siècle, le delta du fleuve à la végétation très riche était considéré comme un lieu difficile d'accès, surtout à cause de ses habitants belliqueux, les peuplades Diolas et Karons.
Ils se révoltaient sans cesse contre les puissances coloniales venues du Portugal et de France. Pour préserver leur indépendance, ils se retranchaient sur les îles et dans les taillis impénétrables des forêts de mangrove.
Les habitants accordent aujourd'hui encore une grande importance au respect des traditions.
14.27 Com. :
Aujourd'hui, Malang se rend sur l'île de Sa-Loulou. On lui a demandé d'y organiser une fête.
14.52 Com. :
Les habitants de l'île pensent que la nature tout entière est animée par des esprits. Leur croyance animiste est restée intacte.
15.05 Com. :
Ici, Malang Demba inspire un profond respect. Il a initié les enfants du village aux rites et aux cérémonies de danse de leur peuple.
15.21 Com. :
L'objet de la cérémonie est plutôt triste : un jeune homme vient de mourir. Mais les animistes conçoivent la mort comme un passage.
15. 39 Com. :
On a tué un veau. Le repas de deuil a lieu aujourd'hui. Et demain, on dansera à la mémoire du défunt.
16.02 Com. :
Malang discute d'abord avec les femmes des préparatifs de la fête. Leur influence est grande en Casamance. Elles sont chargées d'organiser seules un grand nombre de fêtes.
16.27 Com. :
Elles commencent par émettre quelques objections : en effet, la fête doit être filmée demain. Mais Malang leur donne l'assurance que le film sera tourné dans le plus grand respect de leurs traditions.
16.46 Com. :
Ceci fait aussi partie des préparatifs de la fête : cet homme extrait du vin de palme, boisson ancestrale qui plongera les participants dans un état d'ivresse et d'extase.
17.15 Com. :
Le lendemain, peu avant le début de la fête.
Le Griot Malang Demba teste les sonorités des tam-tams. On doit en chauffer la peau jusqu'à obtenir le son juste.
18.23 Malang : Un griot peut être un marabout. Mais ca, c'est un don de Dieu. (18:37) Mais si tu n'y mets pas du tien, tu n'avanceras pas, tu n'iras nulle part.
Il peut même arriver qu'un griot tombe par terre au milieu de la foule, lors d'une fête. Parfois, quelqu'un de plus puissant peut être à l'origine de cela. Il peut être caché loin dans la foule et faire en sorte que mon tam-tam se déchire. Ca existe ! Si cela m'arrivait, je me vengerais. (18:53)
19.12 Com. :
Dans son village, Malang le griot est habillé par son épouse. Dans d'autres villages, les Kanjeleng [Kagnalène] - femmes qui n'ont pas encore eu d'enfant - viennent l'aider à se vêtir.
Elles chantent en souvenir du défunt.
19.38 Com. :
Ensuite, elles adresseront leurs chants de louange au griot Malang lui-même : " Ne nous fais pas de mal. Reste l'homme que nous connaissons ".
20.07 Com. :
Malang ouvre la cérémonie par une danse de bienvenue. Les personnes présentes saluent par leur danse les habitants du village qui continuent d'arriver et se joignent à eux pour former un cercle.
20.40 Com. :
Certains danseurs ont apporté leurs instruments de travail. En effet, le travail fait aussi partie de la danse.
21.01 Com. :
" Si quelqu'un vient à mourir, les dieux l'ont voulu ainsi ", telles sont les paroles du chant funèbre. Chaque fête, chaque danse a un caractère religieux. Ainsi, les participants se rassemblent autour du fétiche de Sa-Loulou pour lui offrir un sacrifice. Ils pensent que la vie du village est continuellement menacée par de mauvais esprits.
21.35 Com. :
Maintenant, nous voulons faire un sacrifice pour préserver le bien-être de notre village Sa-Loulou. Que cette célébration funèbre soit une bonne fête! Pour honorer Sa-Loulou et préserver son bonheur.
22.00 Com. :
Le défunt était à peine sorti de l'enfance. Aussi, on ne sacrifie qu'un poulet.
22.24 Com. :
Malang, le griot doit également assister au sacrifice.
22.31 Com. :
Après sa mort, le poulet n'a presque pas bougé. Les hommes disent que c'est un bon présage. Ensuite, on offre du vin de palme en sacrifice au fétiche. Le fétiche est une sorte d'autel constitué d'os, de coquillages et de morceaux de bois où, par la prière, on entre en contact avec les esprits de la nature et les ancêtres défunts.
22.59 Com :
Selon le rite, on destine à chaque élément du fétiche une offrande précise. La prière s'accomplit lorsqu'on exécute le rituel sans commettre d'erreur. L'équipe de tournage est elle aussi intégrée à la prière, car dans ce monde magique, le tournage pourrait bien représenter une intervention dangereuse.
23.30 Com. :
La danse commence après le sacrifice. Dans ce chant, les danseurs célèbrent la force des femmes et leur vigueur au travail.
24.20 Com. :
Au cours de la danse, le corps semble se délier, les bras, la tête, le bassin, les jambes, les pieds semblent se mouvoir de manière autonome. Les danseurs ont très vite le sentiment de sortir d'eux-mêmes pour s'unir à autre chose, à la communauté, ou bien à une puissance céleste.
24.58 Com. :
En Afrique occidentale, les danseurs se concentrent avant tout sur les mouvements de jambes et de pieds. On considère les danses de Casamance comme particulièrement rapides et effrénées. Chaque danseur signale la fin de sa démonstration par un rapide mouvement de jambe caractéristique.
26.25 Com. :
En Casamance, on ne danse pas à deux. Chaque danseur à son tour se détache du groupe, effectue une danse rapide et retourne dans le groupe. La communauté est au centre de tout.
27.03 Com. :
En Afrique, on ne demande pas : " D'où viens-tu ? " mais " Quelle est ta danse ? ".
27.14 Com. :
Le village natal de Malang, Kafountine, n'est plus fermé au monde extérieur comme l'île de Sa-Loulou. Déjà, on y trouve même des touristes. Officiellement, les habitants de Kafountine sont tous de confession musulmane. Mais dans leurs coeurs, ils se sentent pour la plupart très liés aux traditions animistes, comme Malang, griot et artisan de tam-tams.
27.45 Com. :
Pendant que Malang travaille à la maison, une grande fête commence sur la place du village.
28.09 Com. :
Le chant célèbre le héros populaire Thiessie Karon [Karone]. Jadis, il s'était rebellé contre les puissances coloniales présentes à Kafountine. Les révoltes sont nombreuses en Casamance. La dernière en date a éclaté contre le gouvernement sénégalais, il y a deux ans.
28.38 Com. :
Des représentants du gouvernement se sont aussi rendus à la fête. On y parle français, la langue officielle du pays. Pour les habitants des villages voisins, c'est l'occasion de se rencontrer et de célébrer leurs liens Mais pour les représentants du gouvernement, c'est l'occasion de manifester leur présence.
29.23 Com. :
Voici la dernière grande fête avant le repiquage du riz à la saison des pluies.
29.41 Malang : Les cultivateurs dansent aussi d'une certaine façon. C'est comme cela qu'ils attrapent le kajandou { outil de travail }. C'est ainsi qu'on attrape le kajandou. Et on fait comme ci et comme ça ! (29:50)
Si tu es très content, quand tu as terminé ton travail dans les rizières, tu prend les germes de riz que tu repiques. Tu avances comme ça et cela fait également partie de la danse. 30:11
30.44 Com. :
Ces chansons évoquent très souvent la vie quotidienne du village et de ses habitants.
31.02 Com. :
Mamma Kaddi, l'épouse de Malang, est elle aussi issue d'une famille de griots. Il est fréquent de voir les familles de griots s'unir par le mariage.
33.04 Com. :
" Samba Batara ". Tel est le nom que porte Samba, le père de Malang, parce qu'il vient de la partie du village nommée Batara. C'est un chant en l'honneur du père de Malang et de sa générosité.
34.16 Malang : La danse touche tous les domaines. Parfois, quand tu entends le rythme du tam-tam, cela peut être le cri du Koumpo { esprit masqué }. Il pénètre au plus profond de toi et tu ne pourras pas te retenir, tu ne pourras rien faire. Tu seras obligé de sauter, sans aucune gêne. Ton esprit s'envole, le plaisir t'emporte où il veut. La danse, c'est tout cela ! La danse vit au plus profond de ton coeur. C'est comme ça !
35.29 Com. :
Le second joueur de tam-tam est lui aussi griot ; il appartient à la deuxième grande famille de griots du village. Ces familles représentent en quelque sorte la mémoire vivante du village. Elles transmettent l'histoire et les coutumes ancestrales.
36:14 - 40.30 sous-titres
Malang:
Bonjour, tout le monde, 36:16 bonjour à vous tous, qui êtes assis là 36:20. Je vais vous jouer du "konting" 36:29. Nous, on l'appelle "konting" 36:36 Ce n'est pas un instrument d'origine Karon, mais je vais chanter en Karon 36:41
(Début chanson d'une femme qui se plaint:)
36:42: On a pris mon nom pour le salir dans le village. Partout où je vais on me montre du doigt 36:50 Je suis étonnée du mal qu'on dit de moi 36:54 Sur le chemin du retour, je n'ai cessé de penser à cela 36:56
37:04 On a pris mon nom pour le salir dans le village. Partout où je vais on me montre du doigt . Je suis étonnée du mal qu'on dit de moi. Sur le chemin du retour, je n'ai cessé de penser à cela 37 23
37:24 On a pris mon nom pour le salir dans le village. Partout où je vais on me montre du doigt. Je suis étonnée du mal qu'on dit de moi. Sur le chemin du retour, je n'ai cessé de penser à cela. 37:40
37:40 Malang: Quel est le travail des hommes ? 37:44 L'agriculture, la cueillette des palmiers, le pressage de l'huile de palme 37:51. Avant, tout le monde le faisait.
37:54 Si vous voulez, je vais vous présenter ces gens pour discuter un peu ... 38:02 Les femmes cassent les palmistes 38:04 les trient et les vendent à Gouloulou {village } C'est comme ça qu'on faisait avant 38:07 Quand on a vendu les graines, sur le chemin du retour, on achète du pain et des couteaux 38:10 et du sucre. On prend de l'eau, on en met dans un bol, on ajoute le sucre, trempe le pain dans le bol et on mange le tout. (38:16) Tout le monde vient et on mange ensemble. Ceux qui ne sont pas là ... Tant pis pour eux 38 19.
Malang 38:20 Qu'est-ce que vous faites en revenant de Gouloulou ? (38:22 )
Femme: 38:23 On va chercher des huîtres, on les transporte sur la tête pour les amener là où on les fera griller 38:30 Chaque femme a son couteau 38:32 pour ouvrir les huîtres (38:34). On met de l'huile dans la calebasse 38:36
Avant, le calebasse s'appelait kounang 38:39
Malang: 38:43 Où est-ce qu'on cherche des moules ? J'ai entendu dire qu'ici vous cherchiez des moules.
Femme 38:47 L'endroit où on cherche les moules s'appelle Kiandok 38:51, l'endroit où on cherche les moules s'appelle Kiandok 38:54. Là-bas, on cherche des moules, on les fait cuire et on les ouvre 39:00 et on les met dans le kounang 39:05
39:12 Malang: Nous, aujourd'hui, on oublie vite 39:19
39:20 Femme: Ah bon ...
39:23 Malang: Il faut demander aux autres pour connaître l'histoire ...
Femme: Ahan ...
39:33 Malang: C'est cela qu'on demande aux gens !
39:34 Femme: C'est cela !
39:37 Malang: Qu'est-ce qu'on fait à manger?
39:40 Femme: Du riz.
Malang: Après, vous irez chercher du poisson...
Femme: Oui. Là, il y a beaucoup de petits poissons, de la friture. 39:47
MALANG: Et les hommes, qu'est-ce qu'ils font?
FEMME: ...l'huile de palme. ( 39:53) Les hommes sont partis pour vendre l'huile de palme.
40:04 Femme: Je vais prendre le plus gros. L'autre, il va prendre le petit.
40:10 Femme: Tu as refusé, c'est moi qui vais prendre le gros. (40:15) Je vais les compter (40:21)
40:35: Je vais prendre le plus petit et je vais gagner.
40.34 Com. :
A la fin de son chant, Malang revient au présent. Après avoir évoqué le héros légendaire Thiassie, il s'adresse aux habitants actuels du village, et demande à la femme si elle connaît quelqu'un dans le village qui pourrait devenir un modèle comme Thiassie.
40.54 - 41 01 Malang : sous-titres
Malang Qui est le meilleur presseur d'huile au village ?
Femme: Qui sait bien presser ici ?
Malang: Oui...
Femme: C'est Ansoumana Demba ...
41.16 Com. :
Malang a reçu en cadeau cette peau de chèvre qu'il tend pour faire un nouveau tam-tam. De tels cadeaux font partie des droits traditionnels du griot. Ces règles et coutumes sont encore considérées comme obligatoires surtout par les personnes âgées du village. En effet, les esprits protègent les traditions.
41.45 Com. :
Les masques aussi ont pour fonction de préserver les traditions car ils permettent d'accéder au monde des esprits. Cet homme qui porte le masque et qui danse incarne un esprit. Le plus grand dans la hiérarchie des esprits masqués s'appelle Kankourane. Nous n'avons pas le droit de le filmer.
42.06 Idi : Quand le Kankourang arrive tout le monde fuit. Mais si l'on est en train de danser et s'il arrive, il poursuit tous ceux qui s'enfuient. Son cri est "Ahhh". Même les adultes ont peur de lui. Il blessera avec son coupe coupe celui qui ne s'enfuit pas. Celui qui l'aperçoit doit se méfier, se prosterner de cette manière.
42.47 Com. :
Le Kankourane veille au respect de l'ordre. Il est chargé par exemple de faire respecter les lois qui régissent la récolte.
43.00 Malang : C'est le Kankouran qui l'a attaché pour empêcher les gens de cueillir des mangues encore vertes. Celui qui prend malgré tout une mangue doit payer une amende de 100 francs au Kankouran. Personne n'ose le faire. S'il enlève son fétiche on a le droit de manger des mangues mûres.
43.29 Com. :
Ces hommes accueillent les esprits lors du rituel des masques. Ils entonnent un chant de bienvenue pour un autre esprit très puissant lui aussi. Il s'agit du Kumpo [Koumpo].
43.43 Com. :
Le Kumpo incarne l'esprit de la végétation et de la force de la nature. Seuls les initiés comme Malang peuvent pénétrer dans la forêt et aller chercher le Kumpo. Et seul un initié peut mettre le masque du Kumpo. Officiellement, personne ne doit savoir qui se cache derrière ce masque.
44.01 Com. :
Près d'une fois par semaine, le Kumpo se rend au village et invite les gens à danser.
44.15 Com. :
Le Kumpo est toujours accompagné d'un ou plusieurs danseurs masqués. Le Bosk par exemple, une sorte d'auxiliaire vigoureux qui exécute ses ordres. A Kafountine, on prend encore le Kumpo au sérieux. Il exerce une certaine influence sur la communauté. On peut même lui parler.
44.36 Malang : Koumpo veut dire "mystère". Moi-même j'ignore ce que c'est. Le Koumpo a beaucoup d'importance chez nous. Un jour, j'ai questionné mon père à ce sujet. La réponse fut une gifle. "Pars danser si tu peux, sinon vas te coucher ! " J'ai répondu immédiatement: "Je vais à la danse du Koumpo."
Le Koumpo, c'est très compliqué. Je ne peux pas le définir. Le Koumpo c'est un mystère.
45.23 Com. :
Ces enfants jouant à Kumpo sont les élèves de Malang. Ils sont depuis toujours habitués à la présence des masques dans leur communauté.
45.40 Com. :
Malang le griot a initié les enfants aux principales cérémonies et danses de leur peuple. A présent, les élèves doivent montrer ce qu'ils ont appris auprès de lui.
46.18 Malang : On éduque les enfants pour l'avenir. Pour qu'ils deviennent des responsables dans ce village, des responsables honnêtes. C'est cela le but de l'éducation. L'éducation est à la fois longue et courte. Ils doivent apprendre la vie et développer leur propre personnalité pour parvenir à une grande connaissance, comme les anciens. J'y ai beaucoup réfléchi.
47.07 Com. :
Il s'agit là d'un simple jeu. Aussi, le petit danseur masqué qui incarne ici le compagnon du Kumpo doit se présenter à Malang comme les autres élèves.
47.56 Com. :
Malang essaie de transmettre ce message aux enfants : " Quand tu danses, tu montres que tu appartiens à notre communauté. "
48.12 Com. :
Les enfants apprennent une danse à laquelle participent les adultes durant la fête du Kumpo, dans la nuit.
48.39 Com. :
Celui qui danse se reconnaît comme membre de la communauté. Ainsi, le Kumpo vient régulièrement au village et invite les gens à danser. Il met ainsi la communauté à l'épreuve. Si tout le monde vient, cela signifie que la communauté est vraiment vivante, que le village va bien.
49.14 Com. :
Nous voici à nouveau chez les élèves de Malang. Son fils Idi en fait également partie.
49.37 Com. :
Les élèves de Malang apprennent eux aussi que la danse est un devoir envers la communauté, et que les compagnons du Kumpo veillent à cette pratique. Et il ne s'agit pas d'un simple jeu comme ici.
50.36 Malang : Avec ce qui arrive aujourd'hui je ne cesse de répéter la même chose, car je pense à l'avenir. Que vont devenir les enfants s'ils ne respectent pas la tradition. Nous, nous conservons la tradition. Je ne cesse de penser à l'avenir des enfants. Aujourd'hui, il faut conserver la tradition authentique et ne pas la dénaturer. Gardez-la, gardez-la bien, pour votre avenir.
51.33 Com. :
Malang rend visite à sa mère. Elle sait qu'il veut aller à Dakar, la capitale. Il voudrait savoir si Idi trouverait une meilleure formation en ville. Les voisins ont déjà colporté des commérages à ce sujet.
((((( Pour info: 51:30 - 51:50
Bonjour, mon oncle, bonjour maman.
- Où est Kawtia ?
-Il est parti à Kombo.
- Y a-t-il quelque chose à manger? J'ai faim !
- Oui, regarde par ici...
- Où se trouve Sindianpou ?
- Il est parti aussi...))))
51.50 à 52 25 sous -titres :
... comme les autres, à Kombo.
Ils sont partis avant-hier, à Kombo.
- Où est mon frère aîné Abdoulaye ? Un peu de vin, s'il te plaît. Où est la femme de mon oncle?
- Elle est là-bas, en train de piler.
- Comment je peux faire pour la voir? J'ai besoin d'elle. J'ai une commission pour elle...
52.36 Com. :
Malang trouve dangereux de partir si loin de ses racines. Aussi, il demande à deux femmes, des sages, d'appeler les esprits pour qu'ils lui viennent en aide lors du voyage. Le rituel d'adieu est célébré sur la terre familiale, là où autrefois on pratiquait des sacrifices.
53.01 Com. :
On commence par purifier Malang des mauvaises influences avec une eau bénite. Puis les deux femmes appellent les esprits, et en premier lieu l'ancêtre de Malang, Amara Demba.
53.46 Com. :
Malang est maintenant convaincu que les bons esprits de sa famille l'accompagneront durant son voyage. Mais il n'a pas le droit de se retourner.
54.16 - 54.23 sous-titres
Enfant: Papa, tu as vu, on est arrivés dans les banlieues de Dakar.
Malang: Comment ?
Enfant: Papa, tu as vu, on est arrives dans les banlieues de Dakar.
Malang: Oui, c'est à Dakar qu'on va.
54.53 Com. :
Idi, le fils de Malang, se rend pour la première fois dans une grande ville. De toute sa vie, il n'a jamais vu autant de voitures.
55.01 Com. :
Ils veulent rencontrer le fils d'un ami qui gagne sa vie comme danseur à Dakar.
55:45- 55:55 sous-titres
Comment allez-vous ?
Vous êtes en train de travailler ?
Merci, merci, merci !
56.17 Com. :
Malang et Idi ont fini par découvrir que le fils de leur ami était en répétition avec une troupe de danseurs sur un terrain de football. La troupe a déjà reçu de nombreuses critiques encourageantes : en effet, elle maîtrise les danses traditionnelles de Casamance tout en inventant de nouvelles expressions.
56.36 - 57.10 sous-titres
MALANG :
... usqu'à présent, jusqu'à présent, jusqu'à présent
- C'est lui ! He, He, He !
DANSEUR : Ami ! Bonjour !
MALANG : Bonjour !
DANSEUR : Ca fait longtemps qu'on ne s'est pas vus.
MALANG : Vous êtes là ?
DANSEUR : Oui, nous sommes là.
MALANG : Ah bon.
DANSEUR : Quand est-ce que tu es arrivé ?
MALANG : C'est toi qui as confectionné ces costumes rouges ?
DANSEUR : Tout ça, c'est moi qui l'ai fait
MALANG : Ah ah ah ah, ça c'est très bien.
C'est mon fils Idy.
DANSEUR : Idy. Bonjour.
MALANG : On est venus ensemble...
DANSEUR : Allons-y, tu vas prendre le tam-tam et jouer.
58.15 Com. :
Léopold Senghor dit dans un poème : " Nous sommes les hommes de la danse, et nos pieds deviennent forts lorsqu'ils frappent le sol dur. " Pour Senghor, premier président du Sénégal moderne, la culture africaine trouve sa source dans la danse.
59.10 Com. :
Deux jours après la répétition, le griot Malang Demba était rentré à Kafountine avec son fils Idi.
ADAPTATION FRANCAISE ET SOUS-TITRAGE: 3i TRADUCTIONS
| Adaptation 3i Traductions |