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TOKYO E-GENERATION
00.36 Morley Robertson
Pour construire son ordinateur, il faut d'abord réunir tous les composants. Il faut des transistors, des résistances. Nous sommes ici dans l'ancien centre d'Akihabara. Une véritable forêt de boutiques serrées les unes sur les autres. On trouve des prises électriques pour la Russie, l'ancienne Union soviétique, des prises électriques et de téléphone françaises, des prises qui marchent au Maroc...
00.57
On peut aussi acheter un téléphone bon marché ou un mini-disque, on trouve de tout. C'est souvent ici que l'on fait les meilleures affaires.
On quitte la jungle pour entrer dans Akihabara, qui est une autre jungle. C'est tellement grand. Comment ont-ils pu entasser autant de magasins ? 01.15
01.27 Morley Robertson
Ce qui me plaît beaucoup, ce sont ces femmes qui passent leur temps à crier. Il faut bien attirer les clients. Elles n'arrêtent pas une seconde de parler.
Ce magasin met ses stocks en ligne. Ils ne vendent rien en ligne parce que ce ne sont que des vieux trucs. Il y aurait des risques. Mais visiblement, les gens se connectent chaque jour pour voir s'ils ont telle ou telle marque, puis ils se précipitent au magasin pour l'acheter. C'est un mode de commercialisation très électronique. La pensée individualiste passe encore au second plan.
01.59
·sans doute parce qu'ils sont formés dès l'enfance à évoluer en groupe, du jardin d'enfant jusqu'au lycée. Donc les adolescents et les jeunes Japonais sont très sensibles aux modes. On dirait qu'ils travaillent pour les agences publicitaires, tellement ils accordent de l'importance aux classements. Il y a le top 40, le top 10 des marques de PC, le top 10 des jeux vidéo, qui est diffusé à la télé. Toutes ces informations influent sur le subconscient des acheteurs. 02.31
10 37 Morley Robertson
Essayer de favoriser l'individualisme au Japon au moyen de la cyberculture présente deux aspects. D'une part, c'est très difficile, car c'est très nouveau et très différent, mais on espère beaucoup voir émerger une nouvelle contre-culture au Japon. Il n'y a jamais vraiment eu de contre-culture ici, comme en France ou aux États-Unis. Aujourd'hui, nous en avons l'occasion. C'est le bon aspect des choses. Le revers de la médaille, c'est que les gens vont sur Internet seulement pour regarder la télévision. Ils veulent du Disney. Ils veulent des gens célèbres, des stars de la chanson et les potins autour. 11.06
26.13 Morley Robertson
Au Japon, pendant cinquante ans, la culture de masse a entraîné passivité et consumérisme. Mais avec Internet, et la possibilité d'obtenir des informations du monde entier, les choses changent petit à petit. C'est comme si un mur très épais entourait le Japon. De l'intérieur, on ne voit que le mur, mais grâce à Internet, il y a déjà des petits trous. On voit apparaître aujourd'hui une pensée plus décente, plus alternative et originale. Le Japon est vraiment en train de changer. 26.42
27.00 Maria-Adriana Kyozon
Je suis avec mon époux. Voici mon époux.
27.16 Tetsutoshi-Tavata Kyozon
Il y a tant de produits à Tokyo, ce n'est jamais qu'un parmi d'autres. Depuis les années 80 et 90, nous vivons la génération des ordinateurs. Le Web a également beaucoup bénéficié à l'économie. Mais en fait, ce ne sont que des jouets. 27.26
27.08 Maria-Adriana Kyozon
On a l'impression de devenir des cyber-créatures. Mais ce qui nous intéresse, c'est de voir comment on peut équiper le corps de toutes les technologies modernes sans l'empêcher de continuer à vivre normalement. Vous savez, la technologie se prête à de nombreuses interprétations mythologiques. Tout cela est encore basé sur Faust. Vous ne croyez pas ? Si, tout ça, c'est Faust. 27.47
27.49 Tetsutoshi-Tavata Kyozon
Les jeunes gens à la mode, les artistes, les créateurs· Tous les gens dans les magasins, la quarantaine, la cinquantaine, n'ont pas beaucoup de liens avec les jeunes. Donc nous essayons de faire quelque chose pour créer ces liens. 28.12
28.17 DANSEUR
Généralement, nous n'avons pas besoin du téléphone, car nous avons la télépathie.
28.30 Maria-Adriana Kyozon
Tout est fabriqué à la main. Ces costumes sont fabriqués à la main, mais c'est de la haute technologie. C'est très proche, en tout cas. Vous trouvez sans doute que nous nous égarons dans cette dialectique entre le numérique et l'analogique. Je ne sais pas pourquoi on a créé cette opposition, je n'en vois vraiment pas la nécessité. Des événements numériques ! Pourquoi appeler ça un événement numérique ? Est-ce que nous parlons d'événements analogiques ? Pour moi, la distinction est vraiment inutile par rapport à nos activités. Nous ne faisons qu'utiliser des outils différents, mais nous pratiquons le même art. Seulement, c'est intéressant commercialement, car cela apporte l'attrait de la nouveauté, c'est pour cela que les gens nous embauchent et nous demandent d'intervenir dans leurs manifestations de lancement. 29.20
29.45 Morley Robertson
Je pense qu'un fossé va apparaître entre les générations, peut-être même une révolte. Mais au Japon, il est difficile de savoir à l'avance. Nous avions des marxistes, des gens de droite, des gens engagés dans des cultes religieux, mais pas des milieux culturels indépendants, des gens cultivés qui ont leur propre opinion. C'est très nouveau et c'est dû à Internet. Avec ces nouvelles mentalités, un fossé va forcément apparaître entre les générations. 30.09
Adaptation : 3i Traductions.
| Adaptation 3i Traductions |